Astrolabe planisphérique
L’astrolabe est un instrument d’astronomie qui matérialise en deux dimensions la sphère céleste. Il comprend une mère, disque creusé surmonté d’un trône par lequel l’astrolabe est suspendu lors de son utilisation. Des tympans s’insèrent dans la mère, chacun correspondant à une latitude différente : ici ils sont au nombre de trois et faits pour les villes de Ta’izz et Zabid, Aden et Sanaa, La Mecque et Médine.
Un disque ajouré mobile, l'araignée, recouvre le tympan et laisse apparaître le zodiaque Il indique la position des étoiles, leur nom et la course apparente annuelle du soleil par rapport aux étoiles fixes (écliptique).
Au dos, un pointeur pivotant autour du centre du cadran, l’alidade, sert à mesurer les hauteurs du soleil.
Laiton coulé et gravé, D. 13,1 cm, E. 0,6 cm, Yémen, 15e siècle. Nº inv. AI 86-15, don de M. Marcel Destombes. © Musée de l'IMA / Nabil Boutros
Un indispensable instrument
L’astrolabe a été mis au point par les Grecs et développé par les astronomes musulmans. L’astronomie a été pour toutes les grandes civilisations une activité scientifique de premier plan : établissement des calendriers, détermination du temps, orientation, étude des mouvements des objets célestes pour la prédiction des événements (astrologie).
De nouveaux besoins apparaissent à l’avènement de l’islam : définir les heures des cinq prières quotidiennes, déterminer la direction de La Mecque vers laquelle s’oriente le croyant lors de la prière, fixer le début et la fin du ramadan.
Outre des instruments, les astrolabes sont aussi de beaux objets élaborés par des facteurs qui ont toujours porté le plus grand soin à leur exécution. On retrouve là un souci commun à l’ensemble du monde arabo-musulman : fonctionnalité et esthétique sont indissociables.