La liberté. Force vive déployée. Quand les poètes veillent sur le monde
Printemps des poètes 2026
À l’occasion de la 28ᵉ édition du « Printemps des Poètes », qui se déroulera du 9 au 31 mars 2026 sous le thème lumineux « Liberté, force vive, déployée » l’Institut du monde arabe s’associe à cette célébration d’envergure nationale et internationale, qui fera rayonner la poésie dans l’ensemble des territoires français et dans plus de cinquante pays à travers le monde.
Placée sous le patronage d’Isabelle Adjani, marraine de cette édition, et enrichie d’une collaboration inédite avec Reporters sans frontières, la manifestation s’inscrit dans une dynamique de dialogue entre création poétique et défense des libertés fondamentales.
Car la liberté est l’un des mots les plus précieux du lexique des poètes, peut-être le plus chargé d’histoire, le plus incandescent de sens. Depuis l’aube des civilisations, les poèmes de la liberté sont des cris, des appels, des prières ardentes ou des incantations, toujours liés aux soubresauts de l’histoire humaine.
Se libérer du poids des héritages et des aveuglements, redresser le corps courbé par l’oppression, oser lever la tête malgré la peur, tel fut le souffle qui traversa le célèbre poème de Paul Éluard, parachuté en 1942 par la Royal Air Force au-dessus des maquis résistants. Ce mot « Liberté » demeure aujourd’hui encore l’une des revendications les plus irréductibles des peuples confrontés aux violences, aux destructions et aux entraves, comme un hymne obstiné au déploiement de la vie.
Dans la poésie, la liberté parle aussi la langue simple de l’enfance, de la mer, de la solitude et de l’amour ; elle devient chant d’espérance universelle, engagement pour la paix, mais également parole de colère et d’indignation face à l’injustice.
De Spartacus à Toussaint Louverture, héritier des Lumières, d’Olympe de Gouges à Aimé Césaire, figure majeure de l’anticolonialisme, la quête de liberté traverse les siècles et les continents. Elle trouve dans le monde arabe une voix incomparable en la personne du poète palestinien Mahmoud Darwich, dont l’œuvre a su faire de la parole poétique un territoire intérieur de résistance, d’exil et d’espérance.
Tant de noms se pressent parmi ces éveilleurs de conscience que sont les poètes et les artistes, ceux qui ont risqué leur liberté, parfois leur vie, pour défendre la liberté d’expression, de pensée, de mouvement et de dignité humaine.
Partout sur la planète, le mot liberté résonne avec la voix des poètes en quête d’un horizon ouvert. Car la poésie n’est jamais séparée de la vie : elle en est l’acte le plus total, le plus exigeant. Elle jaillit du feu primordial de l’être pour déchiffrer le monde, appelle passion et désir, éclaire la part la plus lumineuse de chacun, dans la solitude comme dans le partage.
Nombre de poètes ont payé de leur personne cet engagement : Villon, Verlaine ou Victor Hugo connurent l’exil ou l’emprisonnement ; Nazim Hikmet, Federico García Lorca, Pablo Neruda, Forough Farrokhzad, Ahmad Shamlou, Sayd Bahodine Majrouh, Breyten Breytenbach, ainsi que Kateb Yacine, Mahmoud Darwich ou Abdellatif Laâbi affrontèrent la censure, la dictature ou la persécution. Tous rappellent que la liberté demeure un droit inaliénable de l’humanité, et que la poésie est l’un des lieux où ce droit se rêve, se proclame et se transmet.
Car la liberté, dans la poésie, est aussi un héritage vivant. Elle circule d’époque en époque, de génération en génération, de langue en langue, invitant chacun à connaître, penser, dialoguer et rencontrer l’autre dans sa pleine humanité.
C’est à cette expérience sensible et universelle intitulée « Liberté, la parole des deux rives » que la bibliothèque de l’Institut du monde arabe vous convie le dimanche 22 mars 2026, pour célébrer ensemble cette nouvelle édition du Printemps des Poètes dans un moment de partage où les mots, affranchis des frontières, déploieront leur force vive pour dire l’essentiel, la dignité de l’être humain et la puissance indomptable de la liberté.

La liberté. Force vive, déployée
Poètes
NICOLE BARRIERE France
Nicole Barrière est poète, écrivaine, essayiste et traductrice. Auteure de nombreux recueils et largement publiée dans des anthologies et revues, elle dirige la collection « Accent tonique » aux Éditions L’Harmattan. Engagée pour la paix, les droits des femmes et la francophonie, elle est à l’origine de l’appel international « 1001 poèmes pour la paix et la démocratie en Afghanistan ». Récompensée par plusieurs distinctions internationales, son œuvre s’inscrit également dans un dialogue fécond entre poésie, arts visuels et littératures du monde.
AMAL BERRADA Maroc
Amal Berrada est psychologue, professeure-chercheure et poétesse marocaine. Longtemps enseignante à Fès, notamment à l’Université Al Quaraouiyine, elle mène un parcours qui unit recherche, création littéraire et engagement culturel. Auteure de nombreux recueils de poésie, elle écrit en arabe et en français et explore, dans une écriture sensible et introspective, la mémoire, la solitude et les émotions humaines. Membre de plusieurs institutions culturelles internationales, elle contribue activement au rayonnement de la culture et de la francophonie.
MICHEL CASSIR Liban
Scientifique, poète, directeur de la collection de poésie « Levée d’Ancre » aux Editions l’Harmattan depuis 2001, Michel Cassir a publié une vingtaine d’ouvrages littéraires. Né à Alexandrie en Egypte, il passe sa jeunesse au Liban où il fait partie du courant novateur et rebelle de la poésie francophone. Il vit à Paris depuis trente ans. Il a été publié dans des anthologies et revues poétiques en France, Liban, Mexique, Algérie, Italie, Turquie, Roumanie, Royaume-Uni et Islande. Il a obtenu le Prix littéraire «Le jasmin d’Argent» en 2008 pour l’ensemble de son œuvre poétique.
TRISTAN CASSIR Liban Egypte Argentine
Né aux Lilas, en France, en 1991, Tristan Cassir est poète, architecte et enseignant. Ses racines plongent aussi en Argentine, au Liban et en Égypte. « Sarabande » est son troisième recueil publié aux éditions L'Harmattan. Il fait suite à « Pointe Rouge », paru en 2012, et « Écho des murailles du présent », paru en 2017.
ASYA DJOULAÏT Algérie
Asya Djoulaït, née à Paris en 1993, est écrivaine, poète, comédienne et professeure de lettres en Seine-Saint-Denis. Formée en littérature comparée et au théâtre aux Cours Florent, elle développe une œuvre sensible aux questions d’identité, de langue et de mémoire. Révélée par sa nouvelle Filigrane primée par la Sorbonne, elle publie en 2020 son premier roman Noire précieuse, suivi en 2025 du récit Ibn. Lauréate de plusieurs distinctions littéraires, sa voix singulière explore les fractures et les métissages du monde contemporain.
ANNA LEBEDEVA Kazakhstan - Suisse
Anna Lebedeva, née au Kazakhstan, écrit sa poésie en langue russe. Partageant aujourd’hui sa vie entre Genève et Paris, elle développe une œuvre sensible marquée par les thèmes de la mémoire, de l’exil et des déplacements intérieurs qui façonnent l’identité. Sa poésie, à la fois épurée et méditative, interroge la liberté intérieure, le destin et les fragilités du monde contemporain. Ses textes ont été présentés lors de lectures publiques à New York, au Club des Poètes à Paris et à Madrid.
HANEN MAROUANI Tunisie
Poétesse, chercheuse en littérature française, traductrice et enseignante, Hanen Marouani a enseigné dans plusieurs universités tunisiennes avant de poursuivre son parcours académique en Europe, notamment à l’Université catholique de Milan et à l’Académie de Strasbourg. Ses recherches portent sur la voix féminine et la représentation des femmes dans la littérature francophone. Auteure de plusieurs recueils publiés entre Tunis et Paris, et traductrice de poésie arabe contemporaine, elle œuvre au dialogue entre les langues et les cultures. Son écriture, marquée par la mémoire, l’exil intérieur et la quête d’un langage commun, accompagne un engagement constant dans les rencontres et festivals internationaux de poésie.
ERIC SIVRY France
Né à Paris, Éric Sivry est poète et essayiste. Auteur d’une douzaine de recueils de poésie, traduits notamment en italien, en espagnol et en allemand, il mène également un travail critique consacré à des figures majeures de la littérature comme Marcel Proust, Guillaume Apollinaire et Yves Bonnefoy. Fondateur du groupe et de la revue « Intuitions » avec Sylvie Biriouk, il a aussi animé pendant dix ans l’émission radiophonique Le Pont des Arts.
Musique
WASSIM BEN CHAOUACHA
Luthiste virtuose, concertiste et compositeur, Wassim Ben Chaouacha mène une carrière de soliste et de musicien au sein de grands orchestres en Europe et dans le monde arabe. Il poursuit également des recherches en musique et musicologie sur l’évolution des formations et de l’écriture orchestrales dans le monde arabe au XXᵉ siècle. Fondateur et directeur de l’École des Musiques Méditerranéennes de Paris depuis 2010, il œuvre au dialogue entre les traditions musicales et la création contemporaine.
Lecture
FARIDA OUCHANI
Comédienne franco-marocaine, Farida Ouchani mène une carrière entre cinéma et télévision. Elle a notamment joué dans Présumé Coupable de Vincent Garenq, Tata Bakhta de Merzak Allouache et La Daronne de Jean-Paul Salomé. Récompensée en 2016 au festival d’Avanca au Portugal pour son rôle dans le court-métrage Jours intranquilles de Latifa Saïd, elle s’investit également dans des actions socioculturelles. Fondatrice de l’Association du Verbe Irisé, elle anime des ateliers de théâtre et de prise de parole, tout en collaborant avec plusieurs auteurs dans le cadre de résidences d’écriture.
Modération
FATIMA GUEMIAH
Fatima Guémiah est journaliste, écrivaine et éditrice, franco-marocaine. Membre de l’Association de la Presse Étrangère et correspondante pour Diva International Magazine à Genève, elle conjugue journalisme culturel, écriture poétique et engagement pour le dialogue des cultures. Directrice de la collection « Le Scribe » aux éditions L’Harmattan, elle œuvre à la diffusion des voix de la poésie et de la littérature contemporaine et organise des rencontres poétiques internationales. Elle a notamment dirigé des anthologies issues du Printemps des Poètes, dont La grâce en poésie (2024) et Poésie volcanique, énergie et émerveillement ! (2025).

