Les Samedis de la poésie | La poésie au premier siècle de l’islam

Ce récital nous plongera au cœur de la poésie omeyyade (632-750), façonnée par les conquêtes, l’essor de la langue arabe et la cour califale de Damas, à travers les grandes voix du panégyrique, de la satire et l’élan de la poésie amoureuse.

Les conquêtes musulmanes, l'extension considérable du domaine de la langue arabe, l'arabisation progressive de l'administration, la naissance à Damas, sous les Omeyyades, d'une cour califale, la cristallisation des premiers schismes de l'islam : autant de facteurs qui vont marquer la poésie de leur empreinte entre 632 et 750.

L'institutionnalisation du mécénat, instrument de légitimation du pouvoir, explique la carrière des trois poètes les plus célèbres de l'époque omeyyade, Al-Akhtal (m. 709), Jarîr (m. 728) et Al-Farazdaq (m. 730), maîtres à la fois du panégyrique et de l’invective.

Mais, parallèlement, la poésie amoureuse, dite courtoise, prend son essor, dans le sillage de Qays ibn al-Mulawwah (dit Majnûn Laylâ, le Fou de Laylâ, m. 688) et de Jamîl Buthayna (m. 701), notamment celle de Dhû al-Rumma (m. 735).

Sur un tout autre ton, dans le Hedjaz qui abrite pourtant les lieux saints de l’islam, 'Umar ibn Abî Rabî'a (m. 712) consacre sa poésie à la relation de ses aventures galantes, le plus souvent sur des mètres légers.

Des extraits de poèmes illustrant ces thèmes seront lus, avec l’évocation, pour terminer, de Bachchâr ibn Burd (714-783) qui a vécu sous les derniers Omeyyades et les premiers Abbassides.
 

  • Présentation : Farouk Mardam-Bey
  • Lecture en arabe : Sanae Assif
  • Lecture en français : Clémence Azincourt
  • Accompagnement musical.

Elle a dit

Toute une mer nous sépare aussi

J’ai répondu

Je suis un excellent nageur

Waddâh al-Yaman, mort en 708 (trad. Farouk Mardam-Bey)

قالت فإنّ البحرَ من دوننا 

قلتُ فإنّي سابحٌ ماهرُ

وضاح اليمن ت. 708م

Illustration : La Mosquée des Omeyyades à Damas (constr. 706-715). DR

 

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