Laura Quidal, finaliste du Tremplin jeunes graphistes IMA 2016

Objectif impression-animation

Published by Brigitte Nérou | On 17 November 2016
Affiche réalisée par Laura Quidal pour l'exposition Aventuriers des mers à l'IMA
Laura Quidal

Diplômée en 2015 de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD), section « Design graphique-multimédia », Laura Quidal définit son profil comme « plutôt print », avec une prédilection pour le format de l’affiche. Autre corde à l’arc de cette jeune designer free-lance : l’animation. Elle se remet depuis peu à des projets en motion design.

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Affiche réalisée par Laura Quidal pour l'exposition Aventuriers des mers à l'IMA
Laura Quidal
Affiche réalisée par Laura Quidal pour l'exposition Aventuriers des mers à l'IMA
Laura Quidal
Affiche réalisée par Laura Quidal pour l'exposition Aventuriers des mers à l'IMA
Laura Quidal

Enfant, elle se voyait vétérinaire. Et après un bac S, avait entamé des études en Sciences du Vivant à l’Université Paris Diderot (Paris 7). Mais Laura Quidal a vite compris qu’un rêve d’enfant n’est pas forcément une vocation, et que les véritables centres d’intérêt de cette dessinatrice de toujours étaient ailleurs. « J’avais pris des cours d’audiovisuel et d’histoire de l’art en extra-scolaire au lycée, et l’option arts plastiques au bac. J’ai décidé d’exploiter cet intérêt dans mes études, puis la voie de la communication visuelle est venue naturellement. »
Après un an de prépa à l’ECV Paris, elle intègre l’ENSAD pour cinq années, entrecoupées d’un an à la Weissensee KHB à Berlin dans le cadre d’un programme Erasmus.

Découvrez le diplôme de fins d’études de Laura Quidal « Un outil pour l’école numérique » sur http://www.ensad.fr/projets/outil-lecole-numerique

Mes influences en design graphique ? Il y en a beaucoup... Pour ce projet en particulier, je pense que je suis plutôt allée chercher du côté de mes premières amours comme Catherine Zask ou Philippe Apeloig. Sinon, j'aime le travail de Helmo, des Graphicants, mais aussi celui de Zak Kyes, de Ludovic Balland, ou encore de studios un peu moins connus comme Eps51 et Studios Zürich, Basel, dont j'avais rencontré les membres pendant mon Erasmus à Berlin.
Quels sont vos supports de prédilection ?

A priori, j’ai plutôt un profil print : j’ai travaillé sur des projets éditoriaux en micro-publication, souvent en collaboration avec des collègues artistes plasticiens (magazine et livre d’artiste). L’identité visuelle est pour moi à prendre au sens large, pas seulement au sens de la création d’un logo – encore que beaucoup de projets la cantonnent à cela –, c’est-à-dire une direction artistique globale développée autour d’un événement, d’un lieu, d’un artiste… Et puis les supports, s’ils incluent souvent le logo et la mise en place d’une charte graphique, dépendent du projet.
Je souhaite continuer dans ce que je fais déjà, mais aussi élargir mes horizons : j’ai toujours aimé l’animation et je recommence tout juste à retravailler sur des projets personnels en motion design ; j’envisage d’ailleurs de compléter mon cursus avec une formation en UI/UX design l’année prochaine.

 

Votre génération est très marquée par l’influence de la BD, et encore par l’esthétique
fantasy, celle du hip-hop, etc. Est-ce là des courants que vous revendiquez dans votre
travail ?

Je n’irais pas jusqu’à les revendiquer, car je ne le distingue pas de moi-même dans mon travail actuel ! Mais j’imagine qu’il y a forcément des influences. Pour ce qui est de la BD, j’aime un tas de choses différentes, de Moebius à Georges Clooney en passant par Killoffer ou Winshluss. Je lisais aussi beaucoup de shônen mangas étant ado, j’étais une inconditionnelle d’Hayao Miyazaki et de Satoshi Kon ; j’ai donc forcément été influencée quelque part par ces univers visuels. Fantasy, sans doute aussi : la culture populaire de ma génération a été marquée par la sortie d'Harry Potter à la fin des années 90 et le revival Tolkien au cinéma au début des années 2000. Mais, encore une fois, je ne pourrai pas dire dans quelle mesure ça a un poids dans ce que je fais aujourd’hui !

 

Je ne crois pas travailler dans une veine particulière, ça viendra peut-être plus tard. Pour l’heure, je suis encore en recherche, j’essaie beaucoup de choses; tout ce que je peux dire, c’est que j’ai plutôt tendance à rechercher une forme de sobriété, de minimalisme, même dans une composition « chargée », en laissant une grande place à la typographie, et souvent à travers une géométrisation plus ou moins évidente.

Laura Quidal, graphiste
Selon vous, qu’est-ce que la pratique de l’infographie a changé dans la conception
d’une affiche ?

C’est à double tranchant. Les logiciels et, plus spécifiquement, l’utilisation des courbes de Bézier (le tracé vectoriel), conditionnent plus ou moins les formes que l’on produit. Cela permet certes d’essayer beaucoup de choses différentes en un minimum de temps, de changer de formes, de couleurs, de configurations en un clic, et donc de se tromper et de recommencer à « moindre frais ». Mais ça a aussi tendance à uniformiser la création en général, à standardiser le vocabulaire formel dans une certaine mesure. Cela dit, ça a pu aussi être vrai du temps des affichistes, par d’autres biais.
D’un point de vue plus technique, on loupe aussi beaucoup de choses en ne travaillant que sur écran, quand il s’agit de projets destinés à l’impression. Si les proportions sont les même, un caractère ne donnera jamais le même effet à l’écran en tout petit que sur du papier en 40x60 ou en 70x100. Le blanc très puissant de l’écran rétroéclairé procure un contraste maximal et trompeur aux formes, qui n’existera pas sur du papier.

Premier crayonné pour l'affiche aventuriers des mers par Laura Quidal Laura Quidal

Vous-même, partez-vous d’esquisses, de crayonnés, etc., ou travaillez-vous directement à l’ordinateur?

Je pars d’esquisses sur papier qui résument l’ « idée » du visuel plus qu’elles ne
déterminent précisément le résultat final, puis je passe à l’ordinateur. Une fois créés les éléments principaux, j’imprime régulièrement mes essais en taille réelle et j’annote directement sur les impressions ; puis je retouche, recompose, décale, en fonction des versions imprimées. Pour les polices, j’ai souvent déjà une idée globale du style, ensuite, soit je pioche dans ma bibliothèque personnelle, soit je vais sur les sites des fonderies qui pourraient avoir ce que j’ai en tête et je fais des tests avec les titres.
Pour la chromie, je travaille mes couleurs à l’écran en gardant en tête les contraintes d’impression – en l’occurrence celles de la quadrichromie sur traceur, qui peut, selon l’imprimante et les réglages de l’imprimeur, donner des résultats plus ou moins différents du rendu à l’écran.

Concernant spécifiquement l’affiche « Aventuriers des mers », quelles raisons vous ont
poussée à participer au Tremplin ? Et quelles difficultés spécifiques vous a-t-il fallu résoudre ?

Bien que je sois assez critique sur la question du concours en design graphique en général, j’ai voulu participer car l’IMA est une institution d’envergure qui fait partie de mon « paysage culturel » de native de Paris, et dont je garde d’excellents souvenirs de visite étant enfant.
La contrainte esthétique a probablement été la plus grosse difficulté pour moi. En effet
je n’avais pas l’habitude de travailler sur des projets qui demandent une approche aussi
figurative, j’ai donc du trouver un juste milieu entre les contraintes énoncées lors du brief et
l’esthétique dans laquelle je travaille habituellement.

Pour un graphiste, trouver sa place sur le marché du travail n’est pas des plus simples. Le tableau est-il aussi noir ?

Je ne sais pas si le tableau est dramatique, mais les conditions sont sans aucun doute plus compliquées pour nous que pour les jeunes ingénieurs ! Il y a énormément de graphistes pour assez peu de postes et de commanditaires (notamment en print) ; et parmi les commanditaires éventuels, une minorité s’intéresse à une création graphique contemporaine et qualitative.
Du reste, en dehors du freelance, en tant que jeunes diplômés, on peut se retrouver « coincés » entre les employeurs qui ont besoin de professionnels très expérimentés et ceux qui auraient besoin de juniors mais leur préfèrent des stagiaires encore étudiants – inutile de vous
expliquer pourquoi.
Pour ma part, en tant que freelance, je jongle entre les projets alimentaires qui font surtout appel à des compétences techniques, et ceux qui laissent une vraie place au sens de la direction artistique que l’on développe à l’école. L’Ensad nous retransmet les offres d’emplois et appels à projets qui peuvent nous correspondre, mais en soi, on se débrouille quand même tous seuls à la sortie !

 

Brigitte Nérou, rédactrice en chef du blog de l'IMA
Brigitte Nérou Avec plus de quinze ans d’expérience dans l’édition, Brigitte a rejoint l’Institut du monde arabe en 2003 comme secrétaire de rédaction du magazine Qantara . Elle prend à présent la... Lire la suite
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Présidence Publié par Jack Lang | le 10 October 2016

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