Les Samedis de la poésie | Les Byzantines d’Abû Firâs al-Hamdânî

Abû Firâs, prince hamdânite du Xe siècle, fut à la fois gouverneur, guerrier contre les Byzantins et poète, incarnant l’idéal du chevalier élégiaque dans la poésie arabe. Ses Rûmiyyât, écrites durant sa captivité à Byzance, expriment sa nostalgie, sa souffrance de prisonnier et son attachement à sa mère.

أَيا أُمَّ الأَسيرِ سَقاكِ غَيثٌ *** بِكُرهٍ مِنكِ ما لَقِيَ الأَسيرُ

أَيا أُمَّ الأَسيرِ سَقاكِ غَيثٌ *** تَحَيَّرَ لا يُقيمُ وَلا يَسيرُ

ابو فراس الحمداني

Mère du prisonnier, que la pluie te soit douce !
A ton cœur défendant, le sort du prisonnier !
Mère du prisonnier, que la pluie te soit douce !
Lui ne sait plus : où le voyage, où le foyer ?

Traduction d'André Miquel

Né en 932 à Manbidj, près d’Alep, et mort encore jeune en 968, Abû Firâs était un prince de la famille hamdânite dont l’un des membres, son cousin Sayf al-Dawla, immortalisé par le poète Mutanabbî, régna sur la Syrie du Nord et la Haute Mésopotamie au Xe siècle. Gouverneur de province et engagé en tant que tel dans les interminables guerres contre les Byzantins, il incarne dans l’histoire de la poésie arabe le personnage du preux chevalier doublé d’un poète élégiaque.

Les Rûmiyyât (Byzantines) constituent la partie la plus justement célèbre de son œuvre, composée durant sa captivité de quatre ans à Constantinople. Il y exprime avec une poignante simplicité sa nostalgie du pays natal, décrit ses lourdes chaînes de prisonnier, évoque douloureusement le souvenir de sa vieille mère et reproche à son cousin de ne pas chercher à le libérer en payant la rançon exigée par les Byzantins.

  • Poèmes traduits par André Miquel
  • Présentation : Farouk Mardam Bey
  • Lecture en arabe : Sanae Assif
  • Lecture en français : Clémence Azincourt
  • Accompagnement musical au 'oud : Mohanad Aljaramani

Illustration extraite du dessin animé sur Abû Firâs al-Hamdânî © Al Jazeera

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