18 avril 2026

Rencontre | Sandra Ghosn, artiste franco-libanaise

Vernissage de l'exposition « Sutures », encres et fusains de Sandra Ghosn

En ouverture à l'exposition que lui consacre la bibliothèque de l'IMA jusqu'au 31 mai, rencontre avec l'artiste Sandra Ghosn, interviewée par la curatrice et critique d'art Claire Luna.
Intitulée “Sutures”, l'exposition, fruit de la réflexion de Sandra Ghosn autour du lien, de la mémoire et de ce qui se dessine contre l’oubli, présente des dessins réalisés à l'encre noire et au fusain entre 2022 et 2025.

Sandra Ghosn © Gilbert Hage

Sandra Ghosn

Sandra Ghosn est une artiste franco-libanaise née à Beyrouth en 1983, où elle grandit dans un contexte marqué par la guerre civile. Elle étudie l’illustration et la bande dessinée à l’Académie libanaise des beaux-arts (ALBA), avant de poursuivre sa formation à l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) à Paris, où elle se spécialise dans l’image imprimée.

Installée en France depuis 2008, elle développe une pratique centrée sur le dessin, encre de Chine, graphite et plume, explorant la densité du trait, le blanc du papier et les processus psychiques à l’œuvre dans la fabrication de l’image. Son travail se situe à la croisée du dessin contemporain et de la narration poétique, confrontant le regard à ce qui émerge de l’inconscient et des espaces non figurés.

Elle a exposé dans de nombreux contextes en France et à l’international, notamment au Salon DDessin (Paris), à la Ferme du Buisson (dans le cadre du PULP Festival), à l’École normale supérieure à Paris et à la Menart Fair au Palais d’Iéna.

En 2019, elle reçoit le Prix Mahmoud Kahil pour un ouvrage publié chez Les Crocs Électriques, et réalise la même année la couverture du magazine Samandal, lauréat du Fauve d’or de la bande dessinée expérimentale à Angoulême.

Son ouvrage Séances Spéciales, paru en 2025 avec le soutien de la DRAC Île-de-France et de la Ville de Poitiers, se déploie entre mots et images pour créer un espace réflexif où dessin et récit s’entrelacent, proposant une méditation sur la mémoire, l’intime et le langage. 

Claire Luna © Michaël Huard

Claire Luna

Critique d'art et curatrice indépendante, Claire Luna a collaboré avec de nombreuses institutions et structures artistiques, tant en France qu’à l’international, parmi lesquelles le Lieu Unique, le Palais de Tokyo, la Fondation Pernod Ricard, Paris Photo, la Cité internationale des arts, la Maison de l’Amérique latine, ainsi que plusieurs centres d’art en Amérique latine et aux États-Unis.

Son approche décentrée et décoloniale s’ancre dans des années de recherche et de vie en Amérique dite latine et aux États-Unis. Outre son intérêt pour les scènes non occidentales et les figures oubliées de l’histoire, elle s’intéresse aux dynamiques de déplacement – des regards comme des corps –, et explore les notions d’errance et de dérive. Depuis 2020, elle approfondit ses recherches sur l’eau en tant que matière politique et poétique, en réfléchissant particulièrement à l’infiltration comme stratégie de résistance ainsi qu’aux notions d’iléitié, d’“espace entre” (in-betweenness) et de liminalité.

Lauréate du prix AICA France de la critique d’art 2025, Claire Luna siège au conseil d'administration de CEA, fait partie du collectif JCA, de l’AICA ainsi que du bureau des curateur·ices de POUSH. Cofondatrice de L'Écho du vivant au CAC La Traverse, elle est également membre de RADICANTS, la coopérative curatoriale fondée par Nicolas Bourriaud. Elle enseigne actuellement la critique d’art à l’IESA et le commissariat à la Sorbonne Nouvelle.