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Journée pédagogique du 1ᵉʳ décembre

En lien avec les journées de l'Histoire de l'IMA "Les Arabes et le monde"
  • 1 December 2021
Journée pédagogique du 1ᵉʳ décembre

Les Journées pédagogiques de l’Histoire de l’IMA offrent des ateliers dédiés aux besoins du public enseignant, en écho aux programmes scolaires de l’enseignement primaire et secondaire et au thème de notre manifestation pour cette année 2021 : « Les Arabes et le monde».

Les ateliers sont la déclinaison pédagogique de la Journée de l’Histoire de l’Institut du monde arabe organisée le 5 décembre. Ils ont été préparés par le comité pédagogique présidé par l’Inspecteur général histoire et géographie Tristan Lecoq et le responsable pédagogique des Rendez-vous de l’histoire de Blois, Pierre Matheron.

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11h-12h30

Voyageurs musulmans du Moyen-Âge

L’Islam médiéval est un monde sillonné de flux, de déplacements, de voyages. Ses élites se distinguent en effet par une importante propension à la mobilité, justifiée par diverses objectifs (politiques, diplomatiques, économiques, culturels, religieux, etc.). Situé à la marge du monde islamique, l’Occident musulman, c’est-à-dire le Maghreb et l’Andalus, a peut-être fourni plus de voyageurs que d’autres régions – le développement d’une véritable « culture du voyage » y est attesté relativement tôt, et elle ne s’est jamais démentie jusqu’à l’époque moderne, voire coloniale.

Les savants (oulémas) de la région notamment s’adonnaient avec assiduité à la pratique du pèlerinage à La Mecque (ḥağğ), qui est l’un des devoirs du croyant. Ils le couplaient souvent à la recherche d’un savoir inaccessible en Occident, à l’occasion d’une riḥla fī ṭalab al-ʽilm (« voyage en quête de savoir »), qui leur permettait de rencontrer les maîtres les plus réputés, mais aussi éventuellement de mener des activités commerciales. Par ces déplacements, les oulémas construisirent donc un monde multipolaire, dynamique, connecté – ils tissaient en effet des relations multiples, qui s’étendaient à l’échelle de l’Islam, mais aussi de la Méditerranée, incorporant parfois des échanges et rencontres avec le monde chrétien.

Intervenant : Aurélien Montel Professeur agrégé d’histoire-géographie (Cité Scolaire Lacassagne, Lyon 3), Docteur en histoire de l’Islam médiéval et chercheur associé au CIHAM-UMR 5648.

Modération assurée par Dominique Valérian, Professeur d’histoire médiévale, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Maqâmât al-Harîrî Schefer, 1237, BNF

 

14h-15h30

Approche historique des processus de sécularisation dans les sociétés musulmanes : l’exemple du dévoilement / voilement des femmes (fin XIXe-XXIe siècles)

Les questionnements autour de la place de la religion dans les sociétés, tout comme ceux des rapports entre religion et Etat, sont anciens dans le monde musulman. Pour la période contemporaine, les termes du débat sont renouvelés au XIXe siècle notamment dans l’Empire ottoman, l’Egypte ou encore la Tunisie. Il faut savoir qu’il s’agit de problématiques internes aux sociétés musulmanes et non importées. Toutefois, la nouveauté, au XIXe siècle, réside dans le contexte dans lequel ces questions émergent. En effet, si la réflexion sur ces sujets a toujours existé, les contacts avec l’Europe, puis la domination impérialiste, peuvent expliquer certaines de ses orientations. Un nouveau tournant est décelable, dans les années 1970, qui se confirme avec l’avènement de la Révolution islamique d’Iran.

Le fil conducteur de l’atelier est celui des processus de sécularisation en cours dans ces sociétés et ses manifestations du XIXe siècle à nos jours au sein de pays à majorité musulmane à partir d’une entrée par le voilement. Alors que depuis quelques décennies les questions relatives à l’islam sont devenues de véritables enjeux dans notre société, il revient à l’historien d’inscrire ces débats dans le temps long, mais aussi de les appréhender à une échelle qui dépasse le strict cadre hexagonal.

L’atelier s’organisera en deux temps :

•  Un exposé sur les principales thématiques soulevées par ces débats et leur réception dans certaines sociétés musulmanes ; les grandes réformes entreprises dans les différents Etats ; les recompositions autour du dévoilement/voilement des femmes sur plus d’un siècle.

•  La mise en relation avec les programmes de l’EMC et les programmes d’histoire contemporaine. Les programmes de troisième, mais surtout de terminale, abordent la question de l’islamisme. Par ailleurs, dans le cadre du parcours citoyen de la sixième à la terminale, l’EMC permet d’éclairer des problématiques spécifiques aux enjeux posés par la place des religions, et en particulier de l’islam en France, entre autres autour de l’égalité de genre, de la place et de l’engagement pour les libertés des femmes dans nos sociétés, de la place de l’islam dans un cadre laïc français, etc. Cependant, le programme de spécialité en histoire-géographie géopolitique, de première générale, a pour objectif de permettre aux élèves d’analyser les faits religieux dans leurs rapports avec le pouvoir. C’est pourquoi, afin d’être en résonnance avec la conférence générale, une proposition de séquence pédagogique sera présentée à partir de cette entrée.

Intervenantes : Oissila Saaidia, professeure des Universités en Histoire contemporaine (Lyon 2) et ancienne directrice de l’IRMC (CNRS, Tunis) entre 2017 et 2021 et Nathalie Brette, professeure agrégée d’histoire et de géographie, Académie de Lyon.

Modération : Cécile Dunouhaud, Docteur en histoire et membre du Comité éditorial des Clionautes

 

16h-17h30

Le voyage à Alger au XIX e siècle

L’étude d’Alger dans une perspective diachronique, sur le long XIXe siècle, peut s’inscrire dans le cadre de plusieurs programmes de lycée, notamment en Première générale. Médina arabe sous domination d’une régence ottomane avant 1830, Alger se mue rapidement en métropole moderne dès les premières années de la conquête. Fondamentales dans l’exercice de la domination coloniale, les villes sont des vitrines de la puissance coloniale, des laboratoires législatifs, des centres économiques mais également des espaces de migrations, de contrôle social et d’expériences sociales multiples.

Avec les élèves, dans une démarche d’histoire sociale et culturelle, nous pouvons nous intéresser à des pratiques et à des représentations normées d’acteurs précis : les voyageurs français à Alger. Des sources comme les guides touristiques cristallisent les perceptions métropolitaines et renseignent sur la manière dont les contemporains vivaient et imaginaient Alger. Des œuvres orientalistes comme celles du compositeur Camille Saint-Saëns, des peintres Eugène Delacroix, Gustave Guillaumet ou des écrivains Guy de Maupassant et Théophile Gautier peuvent également enrichir une réflexion sur le voyage à Alger.

Intervenante : Sihem Bella, Professeure agrégée d’histoire au lycée Jean-Moulin à Roubaix (Académie de Lille) Doctorante en histoire contemporaine (IRHiS, Université de Lille)

Modération : Joëlle Alazard, Professeur en CPGE au lycée Louis Le Grand, vice-présidente de l’APHG.

Louis Piesse, Guide-Joanne Alger et ses environs, Paris, Hachette, 1897 (Le boulevard de l’Impératrice et ses arcades, donnant sur le port d’Alger)

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