Kebir | Nassim Baddag et Andrea Bou Othmane
Kebir réunit les danseurs et chorégraphes Nassim Baddag et Andrea Bou Othmane et le chanteur Mohammed El Arabi-Serghini dans un dialogue imprévu et délicat entre danse contemporaine et chant immémorial.
Il n’y avait pas d’intention préalable lorsque les chorégraphes Nassim Baddag et Andrea Bou Othmane ont entendu la voix de Mohammed El Arabi-Serghini. Elle s’est imposée à eux, sans doute parce qu’elle leur était familière. Et sûrement parce qu’en les traversant, elle les a conduits à explorer la mémoire, la transmission et la manière dont chaque génération transforme ce qu’elle reçoit en héritage. Les trois interprètes se sont mis à chercher ainsi un terrain commun entre leurs histoires, leurs générations et leurs pratiques. Kebir est né d’une rencontre fortuite, pour aboutir à une pièce sensible, délicate et profonde, déployée comme un poème.

Nassim Baddag, né en 2000 en France, est un danseur, chorégraphe et vidéaste autodidacte. Il découvre le breakdance à l’âge de 9 ans et développe rapidement une pratique libre, instinctive et personnelle. En 2021, il rencontre Sidi Larbi Cherkaoui avec qui il travaille en tant qu’acteur sur le film Backstage d’Afef Ben Mahmoud. Fin 2023, il rejoint la compagnie Rosas à l’invitation d’Anne Teresa De Keersmaeker et Radouan Mriziga pour la création Il Cimento dell’Armonia dell’Inventione. En parallèle de son travail d’interprète, Nassim écrit et met en scène des pièces incluant des formes déambulatoires comme La nuit se souvient de nous, créée à l’Institut du monde arabe en 2025. Son spectacle Dead Leaf a été créé au Theater Rotterdam, et sa première parisienne a eu lieu au Grand Palais en juillet 2026. Son travail intègre également une dimension vidéo essentielle. Il conçoit des formes hybrides entre danse et fiction, développant un univers visuel où le mouvement dialogue avec la caméra.
Andrea Bou Othmane, né à Monza en Italie, est un chorégraphe et artiste du mouvement italo-tunisien autodidacte. Nourrie par l’improvisation, la recherche physique et la sensibilité, sa pratique se distingue par une composition corporelle complexe, un travail précis des bras et des rythmes singuliers. Depuis 2022, il collabore avec Sidi Larbi Cherkaoui au sein d’Eastman, notamment dans Antidote, Starmania et Sutra, où il reprend le rôle emblématique créé par Cherkaoui aux côtés des moines du Temple Shaolin. Invité du Grand Théâtre de Genève, il participe à Idomeneo puis à Ihsane avec le Ballet de Genève. Son parcours s’étend également à la musique et à l’image, notamment aux côtés de Jorja Smith et de l’artiste colombienne Greeicy. Parallèlement, il transmet sa pratique à travers des workshops, trainings et programmes internationaux.
Mohammed El Arabi Serghini, né à Tanger, il a commencé sa formation de chanteur à la zawiya (monastère islamique), puis au Conservatoire de Tanger, avant de devenir le premier chanteur soliste de l’orchestre du Conservatoire. Spécialiste de la musique andalouse, il maîtrise le violon andalou ainsi que les instruments à percussion. Il dirige son propre ensemble, baptisé EL ARABÍ. En 2005, il a participé à la bande originale du film Le Royaume des cieux de Ridley Scott.