Rencontres & débats

Tisser le temps politique au Maroc. Imaginaire de l’État à l’âge néolibéral

  • 22 avril 2021
  • En ligne sur Facebook
  •  
  • Jeudi : 19h
  •  
Tisser le temps politique au Maroc. Imaginaire de l’État à l’âge néolibéral

A rebours des idées reçues, le Maroc n'est pas figé mais traversé de courants de changement qui en font un pays en perpétuel mouvement. Béatrice Hibou et Mohamed Tozy, qui viennent de publier Tisser le temps politique au Maroc. Imaginaire de l’État à l’âge néolibéral, nous décrivent cette dynamique. 

CONFÉRENCE EN LIGNE SUR FACEBOOK

Partager la page
Maroc, ouverture de la session d'automne du Parlement. D.R. D.R.

Le Maroc inspire des lieux communs. Il serait un prototype d’immobilisme politique, dans la main autoritaire et conservatrice du « Commandeur des croyants », en mal de démocratie, mais à l’ombre d’un islam somme toute modéré. Trente années d’enquêtes de terrain, d’entretiens, de dépouillement d’une vaste documentation primaire et d’observation participante permettent à Béatrice Hibou et Mohamed Tozy de montrer, dans Tisser le temps politique au Maroc. Imaginaire de l’État à l’âge néolibéral (Karthala, 2020), comment les changements démographiques et environnementaux, ainsi que les processus de naturalisation du néolibéralisme, ont transformé les façons de gouverner les hommes et les territoires du royaume.

À partir des types-idéaux de l’Empire et de l’État-nation, les auteurs dégagent la pluralité des modes de gouvernement et de domination à l’œuvre au Maroc en insistant sur leur osmose continuelle. Il n’est pas question d’un passage de l’empire chérifien (XVIIe-XIXe siècle) à l’État-nation, dont le protectorat français aurait jeté les fondements, ni de la perpétuation d’une tradition impériale résiduelle au cœur de l’État moderne. Il s’agit bel et bien d’un assemblage de ces deux logiques, qui déjà coexistaient dans les siècles précédents, et dont le jeu simultané est sous-jacent au gouvernement néolibéral contemporain. L’Empire et l’État-nation ne se présentent pas sous la forme d’une alternative ni d’une contradiction. Ils constituent deux ressorts d’une même domination qui ne se réduit pas à la seule figure du roi. Ils sont en tension continue, une tension dont procède l’historicité de l’imaginaire politique marocain et qui en tisse le temps singulier. Une démonstration fondamentale de sociologie historique comparée de l’État.

Avec : 

  • Béatrice Hibou, directrice de recherche au CNRS (Sciences Po-CERI), auteure entre autres de Anatomie politique de la domination (La Découverte, 2011) ;
  • Mohamed Tozy, professeur des Universités à l’IEP d’Aix-en-Provence, notamment auteur de Monarchie et islam politique au Maroc (Presses de Sciences Po, 1999).

Séance animée par Abderrahim Hafidi, universitaire, animateur de l’émission « islam » sur France 2.

Librairie-boutique

Inscription à la newsletter

Pour recevoir toute l'actualité de l'Institut du monde arabe sur les sujets qui vous intéressent

Je m'inscris