Bakhita

de Véronique Olmi

Publié par Haïfa Braïki | Le 6 Août 2019
Bakhita de Véronique Olmi et la photographie de la "vraie Bakhita"

C’est en s’inspirant d’une histoire vraie, celle d’une ancienne esclave née au Soudan en 1869, morte en 1947 à l’âge de 78 ans et canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II, que Véronique nous a livré Bakhita. Un roman d’une rare intensité, oscillant entre ardeur et fragilité, ancré dans une réalité historique que nul n’ignore : l’esclavage au Soudan.

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Elle est belle, elle est douce et résignée. Mais elle est aussi indestructible. Comme une survivante, elle porte en elle un monde incommunicable.

Visitant une église en Touraine, Véronique Olmi découvre un tableau représentant sainte Bakhita. Romancière, scénariste et comédienne, cofondatrice du festival de théâtre « Paris des femmes », elle va consacrer une longue période de recherche à son émouvant destin…
C’est donc en s’inspirant d’une histoire vraie, celle d’une ancienne esclave née au Soudan en 1869, morte en 1947 à l’âge de 78 ans et canonisée en 2000 par le pape Jean-Paul II, que Véronique nous a livré Bakhita. Un roman d’une rare intensité, oscillant entre ardeur et fragilité, ancré dans une réalité historique que nul n’ignore : l’esclavage au Soudan. Récit âpre, violent et rythmé par la souffrance et les angoisses, il explore intimement la Storia meravigliosa, « L’Histoire merveilleuse » (titre d’un livre consacré par Ida Zanolini, en 1961, à « Santa Giuseppina Bakhita ») et l’incroyable destin d’une femme dépossédée de son identité et de sa liberté. Une storia meravigliosa, parce que « pour qu’une histoire soit merveilleuse, il faut que le début soit terrible ».
En 1876, Bakhita, « la chanceuse », prénom que vont lui donner ses ravisseurs, est enlevée par des négriers dans son village du Darfour alors qu’elle n’a que de 7 ans. Réduite en esclavage, battue, humiliée, malmenée, vendue et revendue sans cesse à différents maîtres, elle ne survit qu’en invoquant le souvenir d’un amour maternel inconditionnel, hantée par le malheur de la séparation d’avec ceux qu’elle aimait. Son unique échappatoire est la vie imaginaire qu’elle se forge.
A treize ans, la voici asservie par un Turc, impuissante devant la folie de sa femme et de sa mère et de l’animosité qui les poussent à la torturer sans cesse, tatouée au prix d’atroces souffrances, avant d’être rachetée par Calisto Legnani, consul italien à Khartoum. Emmenée en Italie où elle rêvait de vivre librement puis confiée à des Vénitiens, elle porte désormais le surnom de La Moretta, la petite Maure. Et finit par intégrer le couvent des Sœurs de la Charité et entrer dans les ordres. Esclave convertie, cette figure d’abord effrayante puis chérie émerveille l’Italie entière.
Toute la première partie du roman est portée par un souffle tragique et mystique, entre combats intérieurs, douleur physique et absences mentales. La deuxième partie, moins intense, plus documentée, nous arrache à ce rythme étouffant ; elle rééquilibre une fresque romanesque dédiée à cette Bakhita, Margherita, Fortunata, Maria,  La Moretta, Madre Gioseffa… à laquelle pas moins de six prénoms furent attribués, à défaut de connaître le vrai, celui que lui avaient donné ses parents.

« Bakhita » de Véronique Olmi | Albin Michel, 2017, Le livre de poche, 2019 | Prix du Roman Fnac 2017, Prix Patrimoines BPE 2017

Haïfa Braïki DR
Haïfa Braïki Tunisienne de naissance, humaine de nationalité, je suis arrivée en France le 2 septembre 2015 à 16h. Et depuis, j’ai recommencé à lire en arabe. Renaissance tardive qui a commencé... Lire la suite
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