Le micro-don, un coup de pouce à la culture pour tous

Publié par Brigitte Nérou | Le 14 Décembre 2018
Visite d'un groupe de collégiens à l'Institut du monde arabe © Alice Acomat / IMA
Visite guidée de l'exposition Cités millénaires. Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul, avec des élèves du collège Jean-Jaurès de Saint-Ouen, 14 décembre 2018. Alice Acomat / IMA

Un euro, ce n’est pas grand-chose. Multiplié par le nombre de visiteurs d’une grande institution parisienne, cela peut constituer une somme fort utile à des professeurs qui, faute de moyens, renoncent à proposer à leur classe une visite guidée ou un atelier. Tel est le principe du micro-don, qui vient d’être mis sur pied par l’Institut du monde arabe et a déjà donné ses premiers fruits. Entretien avec Imane Mostefaï, directrice du service des Actions éducatives de l’IMA.

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Un professeur de collège de Saint-Ouen venait de nous écrire pour réserver une visite du musée. Une visite autonome, sans conférencière ni atelier, parce que “Nous n’avons pas les moyens de payer la visite guidée”. A ce professeur, nous avons pu, pour la première fois, grâce à la petite centaine d’euros tout juste récoltée par le biais du micro-don, répondre que l’IMA accueillerait sa classe, mais avec conférencière !
Imane Mostefaï
Pouvez-vous exposer dans les grandes lignes les projets éducatifs et sociaux de l’IMA ?

Cela peut se résumer en une seule phrase : « l’IMA pour tous » ! Une formule qui résume parfaitement l’état d’esprit de l’Institut – mieux que « démocratisation de la culture », qui pourrait résonner comme une « culture du haut » tentant de s’ouvrir à un « public du bas »…
L’IMA pour tous, c’est travailler sur le long terme à rendre accessibles nos activités culturelles à tous les publics, avec des exigences de qualité identiques pour chacun, en adaptant si besoin notre médiation et nos manières de faire.
Et en priorité, multiplier nos efforts pour faire venir à nous les publics dits « éloignés » – ou venir nous-mêmes à eux. Ainsi, depuis 2009, dans le cadre d’une convention avec l’Administration pénitentiaire, nous touchons les publics « empêchés », avec un dispositif d’itinérance d’expositions qui fonctionne très bien. Autre champ d’action : les publics en situation de handicap, avec le développement d’ateliers accessibles aux non-voyants ou aux malentendants ; et la perspective de leur rendre régulièrement accessible nos activités culturelles.
Pour en revenir aux publics « éloignés », nous avons adhéré en 2010 à la Mission « Vivre ensemble » du Ministère de la Culture, qui encourage les établissements culturels à aller à la rencontre des publics éloignés. Et c’est réellement alors que nous avons affirmé notre ancrage dans cette politique d’ouverture à tous. Depuis, nous menons des actions plus volontaristes et plus ciblées, en nous appuyant sur les relais du champ social, et les Réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+). Et nous avons développé une offre d’activités spécifiques, avec des tarifs plus soutenables dont les effets ne se sont pas fait attendre.

Quel est le type de public susceptible de bénéficier du micro-don ?

Essentiellement les enfants scolarisés dans des établissements classés Réseau d’éducation prioritaire, qui font partie des publics dits « éloignés ». Les demandes émanant de ces publics sont nombreuses, surtout depuis notre mise en place d’une politique tarifaire spécifique, actuellement de 90 € au lieu de 130 € pour une visite guidée du musée ou une visite-atelier. Or, même avec ces tarifs réduits, beaucoup renoncent à la médiation culturelle ou à l’atelier : il y a le transport, le repas, le goûter, qu’il va falloir payer – on oublie trop facilement combien ces dépenses, certes limitées, peuvent constituer un frein pour les plus modestes. Grâce au coup de pouce du micro-don, ces classes pourraient reporter leur budget sur ces postes.

Visite d'un groupe de collégiens à l'Institut du monde arabe © Alice Acomat / IMA Visite guidée de l'exposition Cités millénaires. Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul, avec des élèves du collège Jean-Jaurès de Saint-Ouen, 14 décembre 2018. Alice Acomat / IMA
Quels sont les projets concernés ?

Il peut s’agir de visites du musée ou des expositions temporaires de l’IMA, mais aussi d’ateliers thématiques (mythes et religions, écriture et calligraphie, parcours IMA Architecture…). Nous proposons une offre éducative diversifiée, en lien avec les programmes scolaires de la maternelle au lycée et avec la programmation culturelle et artistique de l’IMA.

Un don de 1€ peut-il vraiment faire la différence ?

Nous venons d’en faire la preuve : en quelques jours, nous avons réuni assez d’argent pour offrir une visite à une classe ! Les premiers dons sont extrêmement encourageants et souligne l’intérêt de notre public pour les missions éducatives et citoyennes de l’IMA. Il faut que nous fassions connaître cette action, auprès de nos visiteurs mais aussi auprès des publics concernés, pour qu’ils s’autonomisent et viennent à nous. Mais nous sommes très confiants car la dynamique y est.

Quel est votre objectif de collecte ? Combien d’ateliers espérez-vous réaliser ?

Notre but, c’est de parvenir à financer tout ou partie des visites-ateliers ou des visites guidées aux établissements REP ou REP+ qui s’adressent à nous (voire d’aller nous-mêmes au contact d’établissements), de leur offrir la médiation pédagogique à laquelle ils renoncent trop souvent. Ou de leur proposer de venir en plus grand nombre, à deux classes au lieu d’une, par exemple.

Plus on en parlera autour de nous, plus cette initiative prendra de l’ampleur !

Brigitte Nérou, rédactrice en chef du blog de l'IMA
Brigitte Nérou Avec plus de quinze ans d’expérience dans l’édition, Brigitte a rejoint l’Institut du monde arabe en 2003 comme secrétaire de rédaction du magazine Qantara . Elle prend à présent la... Lire la suite
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