Zad Moultaka, une part d’enfance

Publié par Brigitte Nérou | Le 7 octobre 2016
Portrait de Zad Moultaka suite à son installation "Vibrances atonales" dans le jardin de l'IMA
Zad Moultaka dans le jardin de l'IMA IMA / B. Nérou

Depuis plus de vingt ans, le compositeur et plasticien libanais Zad Moultaka cherche, explore, expérimente inlassablement, à l’écoute des énigmes tapies en lui-même et dans le monde qui l’entoure. Son installation sonore « Vibrances atonales » a enchanté le jardin éphémère du parvis de l’IMA pour les derniers jours de l’exposition Jardins d’Orient.

Partager la page

Zad Moultaka, c’est l’expérimentation faite homme. En 1993, encore tout jeune – il est né en 1967 –, il met un terme à une brillante carrière de pianiste soliste pour se lancer dans une recherche personnelle sur le langage plastique et musical. Fonde en 2004 l’ensemble, Mezwej, qui se veut « un état d’esprit de recherche et de création à travers un questionnement des cultures musicales orientales et occidentales, de la tension spécifique de l’écriture, du frottement entre écriture et oralité ». Et enchaîne les créations, au gré d’une forme d’expression toute personnelle qui patiemment s’élabore.

Musique chorale, d’ensemble, de chambre, de films, opéra, électroacoustique, installations sonores, chorégraphie… L’ancien Premier prix de piano et de musique de chambre au Conservatoire de Paris ne s’interdit aucun langage et multiplie les collaborations avec les plus grands interprètes du moment : ensemble l’Instant donné, Ars nova, Neue VocalSolisten de Stuttgart, Nouvel Ensemble moderne de Montréal…

Jardin éphémère de l'Institut du monde arabe - portrait de Zad Moultaka sur le blog de l'IMA IMA / G. Giraud

Il amorce en 2011 un nouveau virage en renouant avec « une autre forme de lutte », une « transmutation de la matière qui prend corps dans des matériaux concret » : l’expérimentation toujours, avec une première exposition monographique, « Le feu de l’eau », à la galerie Janine Rubeiz (Beyrouth) en 2013, puis en 2015 « Come in Terra. Papiers déchirés », à la Biennale de Venise 2015. Et bientôt une consécration : c’est Zad Moultaka qui représentera le Liban à la Biennale de Venise 2017. Entretemps, on le retrouvera au fil d’un parcours jalonné de créations plastiques et sonores, organisé en partenariat par l’Institut du monde arabe, la Fondation de l’Ermitage, les ensembles Mezwej et 2e2m.

Premier temps de ce parcours, « Vibrances atonales » : une immersion dans un univers sonore au juvénile parfum d’aventure, à mille lieues de la fervente et grave densité qui habite nombre de ses œuvres. Est-ce sa part d’enfance qu’il a laissé ainsi s’exprimer ?

« Ce que je vise, c’est effectivement un retour à la part d’enfance, à la chair, à la terre, à l’intuition. Ma démarche est anti-conceptuelle, en somme. Encore qu’on ait peut-être une mauvaise idée de ce qu’est le concept, auquel j’ai moi-même été un temps opposé : j’entendais “conceptuel” comme “détaché du corps”. Or, pour moi, l’important est de renouer avec le corps, l’énergie, le sol… et l’enfance.

Une œuvre a plusieurs entrées. Si on a besoin d’un outil pour la comprendre, ça veut dire que quelque chose ne fonctionne pas : l’essentiel, c’est qu’elle fasse naître une émotion. C’est une leçon que j’ai apprise des plus grands : Bach, Paul Klee… On peut disposer de clés pour mieux comprendre une œuvre, mais au début, il y a l’émotion qui vous prend. Et cette émotion est capitale.

Par-delà, une œuvre peut me donner envie d’approfondir, de comprendre pourquoi Bach a composé telle musique comme ça, comment Klee est parvenu à telle épure. Approcher une matière plus “intellectuelle” est important aussi. C’est un ensemble, mais l’émotion reste essentielle pour moi. »

Événement à ne pas manquer

Expositions

19/04/2016 - 25/09/2016

Jardins d'Orient

Réserver son billet
Brigitte Nérou, rédactrice en chef du blog de l'IMA
Brigitte Nérou Avec plus de quinze ans d’expérience dans l’édition, Brigitte a rejoint l’Institut du monde arabe en 2003 comme secrétaire de rédaction du magazine Qantara . Elle prend à présent la... Lire la suite
Partager la page

À propos de ce blog

Bienvenue sur le blog de l’Institut du monde arabe, lancé en octobre 2016.

Son but : donner la parole aux passionnés du monde arabe dans et hors de l’institution. Retrouvez les coups de cœur des équipes (livres, cinéma, musique, expos…), les portraits de personnalités, les regards d’intervenants sur des questions historiques, sociologiques, artistiques… Promenez-vous dans les coulisses de l’institution et des événements et suivez les actualités de la présidence de l’IMA.

La rédaction invite experts et amateurs, tous passionnés, à s’exprimer en leur nom sur toutes les facettes du monde arabe.

Jack Lang sur le blog de l'Institut du monde arabe
Présidence Publié par Jack Lang | le 10 octobre 2016

Un blog pour l'IMA !

Jack Lang, Président de l'Institut du monde arabe, présente les ambitions du tout nouveau blog...

Lire la suite
rss

Instagram

Rejoignez-nous sur :

Archives

Inscription à la newsletter

Pour recevoir toute l'actualité de l'Institut du monde arabe sur les sujets qui vous intéressent

Je m'inscris