17 novembre 2026

Rencontre croisée : Taleb Alrefai, Inam Bioud, Jadd Hilal et Xavier Le Clerc

Quatre auteur.ices de la sélection 2026 du Prix de la littérature arabe

Quatre auteur·ices de la sélection 2026 du Prix de la littérature arabe, Taleb Alrefai, Inam Bioud, Jadd Hilal et Xavier Le Clerc, présentent leurs romans.

Taleb Alrefai, L’impossible roman de l’honorable Monsieur K. (éd. Actes Sud)


Un homme d'affaires koweïtien fait à Taleb Alrefai une étrange proposition : écrire un roman dont il serait le personnage principal. 
L'auteur est décontenancé car l'homme qu'il a en face de lui dégage une aura de puissance et de réussite, ses bureaux sont luxueux, et il est une personnalité publique de premier plan dans l'Émirat. N'a-t-il plus rien à désirer que de devenir un personnage de roman ? Après beaucoup d'hésitations, Taleb finit par accepter l'offre, assortie de conditions financières généreuses, mais il réalise rapidement que l'entreprise n'est pas viable. 
Ce roman porte une réflexion oblique sur le prestige dont jouit encore la littérature, sur sa puissance de suggestion de la réalité et sur la censure qui tente souvent de la faire taire.
Taleb Alrefai est journaliste et écrivain. Il est l’un des rares écrivains koweïtiens traduits en français. Auteur d'une dizaine de romans et de recueils de nouvelles qui portent notamment sur la condition féminine dans son pays et sur celle des travailleurs immigrés, il a présidé en 2009 le jury de l'International Prize of Arabic Fiction.

 

Inam Bioud, Houaria (éd. Philippe Rey)


Dans un hôpital d’Oran, Houaria émerge d’un long sommeil. Lui reviennent la musique raï qui fusait de l’un des cabarets de la ville et le sang de son petit ami Hicham sur ses chaussures. Avec ce jeune homme rêveur, Houaria entretenait depuis peu une relation cachée. À l’image de la majorité des femmes d’ici, elle s’est efforcée de se fondre dans la norme pour espérer survivre, sous les brimades de son frère aîné et dans l’indifférence de sa mère. Jusqu’à ce soir fatal.
Plongeant dans l’histoire récente de l’Algérie – la décennie noire des années 1990 –, Houaria offre le puissant et complexe portrait d’une héroïne sacrifiée par la société algérienne, sur fond de lutte entre pressions sociales et désir de liberté. À sa parution, Houaria a suscité une vive polémique en Algérie : les milieux conservateurs et islamistes l’ont jugé immoral. Le roman a reçu le prestigieux prix Assia-Djebar en 2024.

Écrivaine, poétesse, traductrice et peintre, Inam Bioud est née en 1953 à Damas d’une mère syrienne et d’un père algérien. Elle vit actuellement entre Alger et Aix-en-Provence. Elle est l’autrice du recueil de poésie Poste restante (Barzakh, 2003) et du roman Assamak la yubali (Al-Ikhtilaf, 2004).

 

Jadd Hilal, Ici commence la terre (éd. Elyzad)


En 1948, Aïda, jeune mariée tout juste maman, se voit contrainte de quitter son village de Palestine. Elle se retrouve à Beyrouth, avec ses jumeaux et un époux musicien qu’elle apprend encore à connaître. Dans cette ville, loin de ses parents agriculteurs, tout lui est étranger, alors que son mari s’éloigne d’elle. Mais comment faire famille, transmettre une mémoire quand on se sent si seule et désorientée ? Quand ses enfants sont obligés de la protéger d’elle-même, car sa raison s’affole ? Quand le Liban s’enflamme, ravive la peur et disperse à nouveau les siens ?
Jadd Hilal choisit de revisiter la vie de sa grand-mère en lui donnant la parole. Dans la grande Histoire du Moyen-Orient, le portrait d’une femme bouleversante, portée par l’amour de ses enfants.

 

Xavier Leclerc, Le garçon ébloui (éd. Gallimard)


Algérie, 1959.  Dans un village abandonné, Sébastien, un jeune instituteur appelé sous les drapeaux, découvre un enfant réfugié dans les décombres d’une bâtisse. Idir, sept ans, a tout perdu. Sébastien décide de l’adopter. Mais en contrepartie, sa hiérarchie lui impose un transfert immédiat vers la base de Reggane, au cœur du Sahara. Sébastien et ses camarades ignorent qu’ils seront les cobayes des premiers essais atomiques français. 

Xavier Leclerc est né en Algérie en 1979. Il travaille dans l'industrie du luxe et partage sa vie entre Londres et Paris. Il est notamment l’auteur d’Un homme sans titre (2022), récompensé par plusieurs prix, traduit dans de nombreux pays et adapté au théâtre. Le garçon ébloui est son cinquième livre.

Rencontre animée par

Yassine Khiri

Journaliste à l'AFP.

Avec le soutien de la Fondation Jean-Luc Lagardère sous l’égide de la Fondation de France

Les rencontres littéraires bénéficient du soutien de la Fondation Jean-Luc Lagardère qui réaffirme ainsi son engagement profond en faveur de la diversité culturelle. Depuis 2013, la Fondation Jean-Luc Lagardère est associée à l’Institut du monde arabe pour valoriser et diffuser en France la littérature arabe à travers un Prix qui récompense chaque année l’œuvre d’un écrivain ressortissant de la Ligue Arabe.