07 novembre 2026

Rencontre croisée : Samira El Ayachi, Imane Humaydane et Ramsès Kefi

Temps Fort 2/3 : Autour de l'exposition "Vive la mariée !"

Trois auteur·ices de la sélection 2026 du Prix de la littérature arabe  présentent leurs romans qui interrogent, chacun à sa manière, l’institution du mariage.

Samira El Ayachi, Madame Bovary, ma mère et moi (éd. De l’Aube) 

Madame Bovary, ma mère et moi est un roman de filiation et d’émancipation. Samira El Ayachi y explore avec finesse un angle mort de notre histoire collective : la santé mentale des femmes arrivées en France avec le “regroupement familial”, au tournant des années 80. 

Quand le médecin demande : “Avez-vous des antécédents familiaux ?”, Salwa reste muette. Elle réalise qu’elle ne sait presque rien. Ni sur les maladies des femmes de sa lignée, ni sur leur histoire. Rien de ce qui a pu se transmettre à son propre corps. Pourtant résonnent en elle des douleurs sans nom, une envie folle de vivre, le silence d’une mère… et l’écho d’Emma Bovary.   

De ce silence naît une quête. Entre une mère et sa fille se déploient les secrets, les exils, les tensions, les non-dits, et un chemin pour se rencontrer enfin. 

Samira El Ayachi est née à Lens en 1979. Elle se consacre à l’écriture quand elle ne parcourt pas la France et le Maroc, à la rencontre de ses lecteurs. 

 

Ramsès Kefi, Quatre jours sans ma mère (éd. Philippe Rey)  

Un soir, Amani, soixante-sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible en bordure de forêt, s’en va. Pas de dispute, pas de cris, pas de valise non plus. Juste une casserole de pâtes piquantes laissée sur la cuisinière et un mot griffonné à la hâte : « Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. »  

Son mari Hédi, ancien maçon bougon, chancelle. Son fils Salmane, âgéde trente-six et vivant toujours chez ses parents, s’effondre. Père et fils tentent de comprendre ce qui a poussé le pilier de leur famille à disparaître. 

Ce texte est un chant d’amour aux mères qui portent le poids de leur famille, sans bruit et sans reconnaissance, aux hommes fragiles, impétueux mais débordant de tendresse, à ceux qui ont le courage d’aller chercher dans le passé les remèdes aux maux du présent. 

Ancien journaliste à Libération, où il se spécialise dans les périphéries, en 2022, Ramsès Kefi rejoint la revue XXI en 2022. Il y publie À la base, c’était lui le gentil, un livre sur les rixes adolescentes. Quatre jours sans ma mère est son premier roman.

 

Imane Humaydane, Chansons pour les ténèbres (éd. Gallimard) 

Cette saga libanaise de la famille al-Dali, vivant à Ksourah, prend à bras-le-corps les destinées de quatre femmes plongées dans les ténèbres d'un pays en guerre perpétuelle, racontées par la petite dernière qui en porte l'héritage.   

Deux partitions parallèles parcourent un siècle : celle d’un impossible féminin voué à l’aliénation patriarcale et celle d’une impossible entente à l’échelle d’un pays au bord de la guerre civile.  

Née à Ayn Enoub, village de la montagne druze du Liban, Imane Humaydan est une romancière et nouvelliste libanaise. Elle est notamment cofondatrice du Lebanese PEN Center, dont elle a été présidente entre 2015 et 2022. 

Rencontre animée par

Nadia Hathroubi Safsaf

Nadia Hathroubi Safsaf

Nadia Hathroubi Safsaf est une journaliste, autrice et scénariste franco-tunisienne, rédactrice en chef du "Courrier de l’Atlas".

Avec le soutien de la Fondation Jean-Luc Lagardère sous l’égide de la Fondation de France

Les rencontres littéraires bénéficient du soutien de la Fondation Jean-Luc Lagardère qui réaffirme ainsi son engagement profond en faveur de la diversité culturelle. Depuis 2013, la Fondation Jean-Luc Lagardère est associée à l’Institut du monde arabe pour valoriser et diffuser en France la littérature arabe à travers un Prix qui récompense chaque année l’œuvre d’un écrivain ressortissant de la Ligue Arabe.