31 octobre 2026

Hommage à Chawki Abi Chacra

Cette séance est dédiée au grand poète libanais Chawki Abi Chacra dont la poésie la fois singulière et foisonnante brille par ses innovations verbales et propulse la langue arabe dans une modernité, tout en restant ancrée dans son héritage classique. Son travail s'intègre ainsi dans une grandiose vision surréaliste, où s'entremêlent images insolites et alliances de mots totalement inédites.

Né dans un petit village du Mont-Liban en 1935 et mort à Beyrouth en 2024, Chaki Abi Chacra est une figure majeure de la modernité littéraire arabe. Il fut l’un des piliers de la revue d’avant-garde Shi’r (Poésie) fondée à Beyrouth en 1957 par Youssef El-Khal, dont il assura le secrétariat de la rédaction et où, en plus de ses propres poèmes, il publia des traductions de quelques grands poètes français, comme Rimbaud, Lautréamont, Apollinaire et Pierre Reverdy. Dès son premier recueil, Akyâs al-fuqarâ’ (Les Besaces des pauvres), il se distingua par la fraîcheur de son langage, celui d’un enfant émerveillé par la vie. Une bonne douzaine de recueils allaient suivre, chargés le plus souvent d’éblouissantes images surréalistes qui dotent sa poésie d’une saveur à nulle autre pareille.

Chawki Abi Chacra fut aussi, parallèlement, un pionnier du journalisme culturel au Liban et, plus généralement, dans le monde arabe, en tant que créateur et rédacteur en chef dans le quotidien An-Nahar, qu’il rejoignit en 1964, d’une page culturelle consacrée à la critique littéraire et artistique, la première de son genre, puis d’un supplément hebdomadaire. Il s’y montra tout le long de sa carrière de journaliste – près de cinquante ans - aussi inventif qu’en poésie et marqua discrètement ses rubriques de son style inimitable.

La séance est accompagnée d'une présentation de photographies et d'objets ayant appartenu au poète, ainsi que d'une sélection de films documentaires consultables sur petit écran.

Participants : 
Farouk Mardam-Bey : présentation
Issa Makhlouf : présentation, lecture en arabe
Clémence Azincourt : lecture en français
Yvan Navaï : accompagnement musical au piano
 

Avouons que nous sommes

Des promeneurs sur la planète

Des poteaux du chemin

Vivant d'insomnie alliée au vieux pain.

Crions donc d'une seule voix :

« Nous sommes tous soûlards

Et grillons qui chantent

Aux failles de la nuit,

Aux failles des vieux jours ».

Renard, traduction de Hani Abi Saleh

لنقل: نحن على عالمنا نزهةُ كشافٍ وبعضٌ

من علامات الطريق

نأكل السّهد معَ الخبز العتيقِ.

لنقل حنجرةً واحدةً:

كلنا نحن سكارى

وصراصيرُ نغني

في شقوق الليل والعمر المسن

الثعلب، شوقي أبي شقرا