31 mars19 juillet 2026

Esclaves en Méditerranée, XVIIe-XVIIIe siècles

Voici la première exposition à explorer une histoire méconnue : celle des musulmans et des chrétiens réduits en esclavage des deux côtés de la Méditerranée, pendant plus de trois siècles. Découvrez l'impact de cette histoire sur les cultures matérielles en Europe à travers un large éventail d'œuvres d'art étonnantes et rarement exposées.

L'exposition Esclaves en Méditerranée. XVIIe-XVIIIe siècles s'intéresse en particulier à la présence et aux témoignages souvent oubliés des Nord-Africains et de certains Africains de l’Ouest asservis en Europe. Centrée sur les ports de France, d'Italie et de l'île de Malte du XVIIe siècle aux années 1830, elle met en lumière les expériences et les représentations de ces êtres humains contraints de travailler comme galériens, serviteurs, traducteurs, musiciens et assistants d'artistes.
Elle révèle l'impact profond de cette histoire sur les cultures matérielles en Europe en présentant un large éventail d'œuvres d'art étonnantes et rarement exposées : un dessin d'après nature d'un esclave musulman réalisé par le peintre en chef de Louis XIV, Charles Lebrun ; des œuvres d'art représentant ou inspirées du monument emblématique de Pietro Tacca connu sous le nom de « Quattro Mori » ; des peintures représentant la répression d'une révolte d'esclaves à Malte en 1749 ; un album de dessins exceptionnels de Fabroni représentant des galériens au travail et au repos ; et d'autres objets remarquables tels que des armes maritimes, des sculptures de navires, des talismans et des lettres écrites par des captifs musulmans et chrétiens, qui seront lues à haute voix.
Enfin, une œuvre d'art contemporaine ouvrira des perspectives sur ce qu'est devenue cette longue histoire : de son oubli après la prise d'Alger par les troupes françaises en 1830 aux débats contemporains sur les œuvres d'art qui ont représenté l'esclavage, y compris les Quattro Mori.

Découvrez en avant-première quelques-unes des œuvres exposées

Ignazio Fabroni (1642-1693), Dans l'Arsenal de Porto Ferraro, in Album de souvenirs de voyages et de navigations à bord de galères toscanes, 1664 -1688, f.162r. Aquarelle, crayon et encre sur papier. Florence, Bibliothèque nationale centrale, Rossi Cassigoli 199.

© Avec l'aimable autorisation du ministère de la Culture / Bibliothèque nationale centrale Florence

D’après Pietro Tacca (1577-1640), Paire d’esclaves enchaînés, manufacture de Capodimonte, Italie (1743-1759), XVIIIe siècle. Porcelaine tendre, H 43 cm ; L 46 cm. Limoges, musée national Adrien Dubouché.

© Grand Palais Rmn (Limoges, musée national Adrien Dubouché) / Tony Querrec

(Hacimucsa [Haec Musa] et le papasso, après avoir été torturés avec des pinces et des masses, sont emmenés au milieu du port et écartelés par des caïques qui les achèvent à coups de hache.), Malte, 1749, nº 10. Graphite, plume et encre, aquarelle et gouache sur papier. Palais de l'inquisiteur de Vittoriosa, musée national ethnographique, Malte.

© Courtesy of Heritage Malta, photo Daniel Cilia

Abraham-Louis-Rodolphe Ducros (1748-1810), Cadi des esclaves turcs à Malte, in album Voyage en Italie, en Sicile et à Malte, 1778. Papier, craie et aquarelle, 19,7 x 15,9 cm. Amsterdam, Rijksmuseum, don de Mme Hansen-van den Brugghen, La Haye.

© Domaine public / Rijksmuseum

Johann Hieronymus Löschenkohl (1753-1807), L’entrée de l’ambassadeur marocain, Muhamed Ben Abdil Malek, pacha de Tanger, à Vienne le 28 février 1783, Vienne, 1783. Gravure sur cuivre colorisée et disposée sur papier, 38,2 x 55,1 cm (planche), 46 x 61 cm (feuille). Musées de Vienne.

© Musées de Vienne

Alessandro Magnasco dit Il Lissandro (1667-1749), Embarquement des galériens dans le port de Gênes, Gênes (Italie), XVIIe siècle. Huile sur toile, 116 x 143 cm. Bordeaux, musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

© Mairie de Bordeaux - Musée des Beaux-Arts - photo F. Deval

COMMISSARIAT

Djamila Chakour, chargée de collections, IMA

Meredith Martin, professeure New York University

M'hamed Oualdi, professeur d'histoire du Maghreb, Centre d'histoire à Sciences-Po-Paris

Gillian Weiss, professeure Case Western Reserve University

Ce projet a reçu un financement du Conseil européen de la recherche (ERC) dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne (convention n°819353).