Le procès de Shéhérazade

Faut-il en finir avec Shéhérazade ?
Quatorze écrivaines issues des cinq continents se prêtent au jeu et endossent les différents rôles d’un tribunal symbolique pour y répondre. Procureures, juges, accusées, témoins ou avocates, elles empruntent la voix de la fiction, de l'analyse, de l'humour ou de l’émotion et appréhendent le sujet avec leurs subjectivités.

Nous menons ici le procès de Shéhérazade.  
Des voix s’élèvent depuis longtemps pour la condamner, parfois avec virulence, et exiger sa mise à mort. Car Shéhérazade se serait adaptée au système plutôt que de le renverser, de le combattre. 

Elle ne dénonce pas frontalement la brutalité masculine, elle ne se bat pas contre le tyran, elle prétend l’éduquer. Elle accepte d’entrer dans le jeu du patriarcat au lieu de le dénoncer. Elle ne conteste jamais la structure du pouvoir, elle admet que le roi a pouvoir de vie et de mort sur les femmes. 

Qui plus est, Shéhérazade transformerait un tueur en série en époux aimant et père. Peut-on accepter de passer outre des féminicides, et que le tueur ne paie pas pour ses crimes ? Ce serait nier la nécessité de la justice, d’un procès permettant la reconnaissance du crime ! D’une certaine manière Shéhérazade romantise la rédemption du bourreau. 

Mais on peut aussi penser que Shéhérazade défend malgré tout la cause des femmes. Qu’elle permet de faire entendre un point de vue féminin face à la brutalité des hommes. Qu’elle fait preuve d’un talent certain et de beaucoup d’inventivité dans l’art de raconter.  

Alors, faut-il vraiment en finir avec Shéhérazade ? 

Avec :  

  • Carmen Boustani - Docteur ès lettres (Lyon 2), diplômée en sémiolinguistique de l’Université Sorbonne nouvelle, Carmen Boustani est Professeure des universités, romancière et essayiste, écrivaine, critique littéraire. Elle a reçu la Médaille d’or et prix d’excellence du CNRS à l’occasion de son jubilé d’or, (juin 2012).
  • Laure Mi Hyun Croset est une romancière suisse née à Séoul. Elle a étudié la littérature française, l’histoire de l’art et le latin. Elle est consultante littéraire, trésorière d’un festival musical et membre de multiples associations liées à la culture et à la Corée.  Elle a reçu une médaille de la société Arts, Sciences et Lettres.
  • Ananda Devi - Née à l’île Maurice, Ananda Devi est l’auteure d’une œuvre foisonnante récompensée par de nombreux prix et traduite en une douzaine de langues. Elle a reçu le prix Neustadt 2024 des Etats-Unis pour l’ensemble de son œuvre.  
  • Sedef Ecer - Née à Istanbul, romancière, auteure dramatique, comédienne et scénariste, Sedef Ecer pratique plusieurs formes d'écriture en turc et en français.  Ses textes sont publiés, mis en scène, étudiés et traduits dans une dizaine de langues. Elle est entrée dans le « Dictionnaire universel des Créatrices » en 2014 (UNESCO).
  • Nadia Essalmi est professeure des universités, romancière et éditrice. Elle a fondé la première maison d’édition marocaine pour enfants, Yomad, en 1998. Elle occupe des postes clés dans plusieurs associations et est également une militante sur les réseaux sociaux où elle mène un combat contre l’injustice sociale.
  • Lise Gauvin est une essayiste, romancière et poète québécoise. Elle a publié une trentaine de d’ouvrages. Elle a reçu le Prix du Québec G.E.Lapalme en 2019, la Grande Médaille de la francophonie décernée par l’Académie française en 2020, et a été faite Officière de l’Ordre des Arts et Lettres de France en 2026.
  • Elisabeth Granjon est poétesse, nouvelliste, dramaturge et comédienne. Au théâtre, elle joue, fait jouer ses textes et s’implique à travers de grands projets culturels de quartier. Elle participe à des livres collectifs, revues et anthologies. Elle réalise également des performances poético-dessinées avec une plasticienne.
  • Frédérique Lantieri - Journaliste de presse judiciaire pendant quinze ans au Quotidien de Paris et à L'Evénement du jeudi, Frédérique Lantieri a également été rédactrice en chef de “La Marche du siècle”, rédactrice en chef à l'agence Capa ainsi que journaliste pour l'émission “Envoyé Spécial” et présentatrice de “Faites entrer l'accusé”. Elle et aujourd’hui réalisatrice de documentaires.
  • Marijosé Alie Monthieux est journaliste, analyste politique, productrice et écrivaine. Elle a poursuivi sa carrière de la Martinique à Paris sur les chaînes RFO, FTV et France O; jusqu’en 2015. Après avoir chanté dans le monde entier et signé de nombreux textes de chansons, elle publie son premier roman en 2016.
  • Georgia Makhlouf est journaliste, critique littéraire et écrivaine et a obtenu plusieurs prix littéraires.  Elle est membre du comité éditorial et correspondante à Paris de L’Orient Littéraire, et responsable du Prix France-Liban de l’ADELF (Association des Écrivains de Langue Française) depuis 2016. Elle vit entre Paris et Beyrouth.
  • Lylia Nezar est diplômée en sciences politiques de l’Université Lyon III. Ses écrits interrogent la place des femmes dans la société, le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée et la promotion de la francophonie.
  • Cécile Oumhani est poète et romancière. Elle a été enseignant-chercheur à l’Université de Paris-Est Créteil. Elle est l’auteure d’une trentaine d’ouvrages, souvent traversés de personnages féminins confrontés à l’exil et à l’errance. Elle a reçu le Prix européen Virgile 2014 pour l’ensemble de son œuvre.  
  • Annie Richard est enseignante-chercheuse, auteure d'une thèse, de livres et d'expositions à Paris et Washington sur l’œuvre de la poétesse, romancière, plasticienne surréaliste, grecque francophone, Gisèle Prassinos (1920-2015), d’auto-essais alliant autobiographie et réflexion générale et de recueils de poèmes. Elle est présidente d’Honneur de Femmes Monde et membre du Parlement des Écrivaines Francophones.
  • Beatrice Riand - Valaisanne par son père et barcelonaise par sa mère, Béatrice Riand grandit entre trois cultures et trois langues. Professeur de littérature française et de psychologie, et écrivaine, elle a également fondé et dirigé une troupe de théâtre. Ancienne présidente de syndicat, formatrice de maître, médiatrice, ses centres d’intérêts s’inscrivent, outre l’écriture, dans le champ pédagogique et artistique.