Rencontres & débats

Journées de l’Histoire de l’IMA | Révoltes et révolutions : Dominants et dominés

Dans le cadre des Arabofolies, festival musical, des arts et des idées
  • 25 octobre 2020
  • Dimanche : 11h - 20h
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  • Salle du haut conseil (niveau 9), Bibliothèque (niveau 1), Atelier (niveau -1)
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  • Entrée libre dans la limite des places disponibles
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Journées de l’Histoire de l’IMA | Révoltes et révolutions : Dominants et dominés

Les RVHIMA deviennent les Journées de l’Histoire de l’IMA. Elles déclinent chaque année, autour d’une même thématique, en trois dimanches, dans le cadre du festival trimestriel Arabofolies. Les Journées 2020 se déroulent dimanche 1er mars, 18 octobre et 25 octobre autour de la thématique : « Révoltes et révolutions ».

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Au programme:

Des tables rondes, conférences et cartes blanches accessibles à tous et, en continuité de la co-production avec France Culture, un grand débat et une émission en direct de l’IMA.

Ce programme est provisoire et susceptible d’être modifié.

À 11h :

  • Carte blanche à l’ISSM | « Se marier dans les pays arabes aujourd’hui - Évolutions juridiques et sociales »
    Avec Nathalie Bernard-Maugiron, juriste, spécialiste du droit des pays arabes, directrice de recherche à l’Institut de recherches pour le développement (IRD) ; Nawel Gafsia, docteure en droit public, avocate spécialiste du mariage en droit tunisien ; Warda Hadjab, sociologue, doctorante au centre Raymond Aron (EHESS).  

    Le mariage est la forme d’union largement majoritaire dans les pays arabes aujourd’hui. Contrat et rite de passage dans la tradition musulmane, sacrement religieux dans la tradition chrétienne, le mariage et ses règles juridiques ont fait l’objet de nombreuses réformes au Maghreb et au Moyen-Orient. Face aux évolutions sociales, les politiques et les législateurs ont dû se prononcer sur des aspects du « statut personnel » qui exercent un impact sur le couple et la famille : le mariage des mineures, la dot, la transmission de la nationalité aux enfants, le divorce, la polygamie, les différentes formes de mariage temporaire liées à la prise en compte (disputée ou débattue) de la réalité du recul de l’âge d’établissement dans un foyer commun. D’autres revendications sociales, qui s’appuient sur les évolutions de la structure du couple et des sociétés, font encore l’objet de nombreux débats, concernant par exemple la question des mariages mixtes. 
  • Atelier pédagogique
  • « La révolte palestinienne aujourd’hui », conférence de Leïla Shahid et Abaher El Sakka
    Leïla Shahid, femme politique et diplomate, a été déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourgde 1994 à 2005.
    Abaher El Sakka, docteur en sociologie, enseignant et chercheur à l’Université de Nantes de 1998 à 2006, est aujourd’hui professeur de sociologie à l’Université de Birzeit (Palestine) et chercheur associé dans plusieurs centres de recherche.

    Cette conférence vise à présenter les mouvements contestataires palestiniens actuels et à analyser l’ensemble des contestations qu’ils expriment. Ces mouvements contestataires ont-ils, ou non, exercé une influence sur la société palestinienne, notamment à partir de leur place dans l’espace public ? Et comment ont-ils ou non participé à une nouvelle cartographie politique en Palestine ?

À 12h45 :

  • Lecture de textes de sciences sociales| Dans le regard de l’Autre 
    Avec Pierre Baux, acteur de théâtre et de cinéma et Violaine Schwartz, actrice de théâtre

    Faire parler les textes de sciences humaines et sociales, les récits de voyages et les témoignages pour découvrir comment l’Autre nous voit ou comment nous voyons l’Autre : dérangeants, critiques ou compréhensifs, amusés ou empathiques, tous les regards sont possibles. Proposée par la bibliothèque de l’IMA, une autre façon de découvrir les richesses de ses collections, portées par la voix de comédiens.

À 14h​ :

  •  Carte blanche à l’INA | Projection de La chine est encore loin (2008, 1h58’) de Malek Bensmaïl, suivie d’un débat Avec Malek Bensmaïl, réalisateur (sous réserve)
    Cinquante ans après le début de l’insurrection algérienne, Malek Bensmaïl pose sa caméra dans un village des Aurès, ce « berceau de la révolution », où un couple d’instituteurs français, Guy et Jeanine Monnerot, et un caïd algérien, Hadj Sadok, furent victimes d’un attentat le 1er novembre 1954. Avec acuité, humour et une immense sensibilité, le cinéaste explore, entre histoire et mémoire, présent  et avenir, les passerelles qui relient l’Algérie et la France.
  • « Les révoltes dans l’Empire Ottoman », conférence d’Henry Laurens et Edhem Eldem
    Henry Laurens est historien, professeur au Collège de France depuis 2003 où il occupe la chaire « Histoire contemporaine du monde arabe », lauréat du prix Gobert.
    Edhem Eldem est historien, professeur invité au collège de France, lauréat du prix d’excellence dans la recherche de la Fondation de l’université de Boğaziçi.

    Pendant ses plus de six siècles d’existence, l’Empire ottoman a constamment été confronté à des révoltes de nature et d’envergure diverses : rébellions au sein de l’armée ou de l’administration, insurrections locales à caractère religieux ou ethnique… Avant le XIXe siècle, ces mouvements puisent leur justification dans des concepts religieux et moraux remettant en cause la légitimité des dirigeants. Plus tard, ils se moderniseront pour former les grands bouleversements qui amèneront la fin de l’empire.
  • Carte blanche à Nicolas Schaub | « Les images de l’Algérie entre conquêtes coloniales et résistances »
    Nicolas Schaub est docteur en histoire de l’art contemporain. 
    Avec Samia Henni, architecte, historienne et théoricienne de l’architecture, professeure à l’université Cornell ; Christian Phéline, qui fut notamment Contrôleur d’État au Ministère de l’économie (1994), Conseiller maître à la Cour des comptes (2007), président du Collège et de la Hadopi (2015) ; François Pouillon, directeur d'études à l'EHESS, spécialiste de l’histoire des représentations.

    Quelles images ont accompagné le processus de colonisation de l’Algérie par la France, comment ont-elles été produites et quels en ont été les effets ? Pour répondre à ces questions, il est utile de relire les images de la « conquête » et de la « résistance ». Les violences de la conquête, et leurs conséquences, restent un impensé de l’histoire commune de l’Algérie et de la France, que l’on persiste aujourd’hui à trop souvent détourner et oublier. Artistes, officiers, scientifiques, collectionneurs ont découvert un pays immense, aux espaces mouvants, à la fois lumineux et lointains, sauvages et spirituels. Ce n’était que le début d’un processus de mise en images qui s’est caractérisé par une approche orientaliste. Les artistes ont littéralement saisi le terrain colonial – au sens d’une capture des choses et d’une mise en relation inédite, parfois ambivalente. Par un renversement des perspectives, cet ensemble d’images s’est diffusé sur le territoire français, marquant des strates inconscientes du récit national et l’infléchissant. Et avec la décolonisation, les images de la résistance sont venues concurrencer celles de la conquête. 
  • Ma thèse en 5 minute 
    Modérée par Maurice Sartre et Emmanuel Laurentin

À 16h​ :

  • Remise du Grand Prix des Journées de l’Histoire de l’IMA avec le soutien de l’Académie royale du Maroc suivie d’une Conférence de Jalila Sbaï
    Jalila Sbaï, historienne, diplômée d’arabe, de relations internationales et de sociologie, est chercheuse associée à la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France ; elle a enseigné pendant plusieurs années à l’Inalco.
  • Table ronde | « 2011 : révolutions et contre-révolutions »
    Modérée par Manon-Nour Tannous, politologue, maître de conférences à l’Université de Reims, enseignante à Sciences Po et chercheure associée au Centre Thucydide (Université Paris 2) et au Collège de France (chaire d’histoire contemporaine du monde arabe).
    Avec Amin Allal, docteur en science politique, maître de conférence à l’Université Lille 2 ; Assia Boutaleb, maître de conférence en science politique, notamment spécialisée dans les thèmes de la légitimité et du processus de légitimation dans le monde arabe ainsi que des catégories sociales (jeunes, femmes) et de la catégorisation dans le monde arabe et musulman ; Marie Vannetzel, docteure en science politique, auteure d’une thèse sur les réseaux de mobilisation des Frères musulmans en Égypte (CNRS) ; Souhail Belhadj, chercheur au CCP et IHEID de Genève (panel sous réserve).

    Dans le cadre de cette intervention autour des révolutions de 2011 et de leurs suites, nous nous intéresserons à la notion de restauration autoritaire et à ses enjeux analytiques mais aussi à son intérêt pour décrire et rendre compte des situations post-révolutionnaires dans les mondes arabes. Souvent mobilisée dans les médias et précocement apposée sur les lendemains révolutionnaires, cette notion gagne à être précisée et définie moins comme le rétablissement du 
    statu quo anteque comme un moment de forclusion des processus d’effervescence politique pluraliste. Moment qui comprend sa propre logique et qui ne se résume pas à la reproduction du passé. Nous discuterons de ses tumultes et de ses dynamiques en abordant notamment la question du leadership politique et de ses déclinaisons.  
  • Table ronde | « Peut-on parler de révolte et/ou de révolution dans des États où prédomine la structure tribale? »
    Modérée par Béatrice Giblin, géographe, professeur à l’Institut français de géopolitique (Université Paris 8), directrice de la revue Hérodote.
    Avec Marc Lavergne, géopolitologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste du Soudan, du Machrek, de la corne de l’Afrique et du Golfe ; Ali Ben Saâd, géographe, professeur à l’Institut français de géopolitique (Paris 8).

    Dans certains États persistent des groupes structurés en fonction de caractéristiques ethniques et tribales. Ainsi dans les sociétés arabo-musulmanes contemporaines, les relations État-tribus demeurent difficiles là où les États peinent à se légitimer. Les tribus peuvent restées réfractaires à toute centralisation du pouvoir qui pourrait les affaiblir. Comment dans ce contexte un mouvement révolutionnaire qui cherche à transformer la société et renverser l’État peut-il concilier son projet politique avec celui des tribus ?  
    L’interaction entre État, mouvement révolutionnaire et tribus sera analysée au travers des exemples du Sahel et du Soudan.

À 18h​ :

  • Table ronde | Dominants, dominés, résistances au Maghreb, 1830-1914 »
    Modérée par Mohammed Kenbib, professeur d’histoire contemporaine à l’université Mohamed V de Rabat ; ses recherches portent sur les mutations de l’État et de la société au Maroc, les questions de minorités ethno-religieuses et l’histoire du temps présent. Il est également professeur visiteur à Paris 1-Panthéon-Sorbonne, à l’EHESS, et Senior Associate Professor à Oxford. 
    Avec Oissila Saaidia, professeur d’histoire contemporaine à l’université Lyon 2, membre du LARHRA (UMR 5190, CNRS) et de l’Institut supérieur d’étude des religions et de la laïcité (ISERL) ; Mounir Fendri, membre de l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, professeur de l’enseignement supérieur à l’Université de Manouba ; Khalid Benshrir, professeur d’Histoire contemporaine à  l'université Mohammed V de Rabat. 

    Le cadre chronologique de cette table ronde (1830-1914) correspond à une période marquée par une expansion coloniale triomphante et les bouleversements qu’elle a générés. Dans ce contexte seront examinées les résistances des populations des trois pays du Maghreb aux tentatives de mainmise européennes et leurs révoltes contre les régimes en place. Il en sera ainsi des luttes menées en Algérie par l’émir Abdelkader, Mokrani et d’autres résistants, puis des soulèvements survenus en Tunisie et au Maroc du fait de ponctions fiscales excessives, des empiétements étrangers, et des contradictions inhérentes aux réformes menées par les beys de la Régence et les souverains de l’Empire chérifien.
  • Carte blanche à Bernard Gainot | « Révolutions en France, Renaissances en Orient : correspondances et malentendus »
    Bernard Gainot est maître de conférences à Paris 1, spécialiste de l’histoire de la Révolution française et des guerres coloniales.
    Avec Patrice Bret, chercheur honoraire au Centre Alexandre Koyré (UMR 8560, CNRS-MNHN-EHESS). Il travaille sur les institutions (académies, laboratoires, journaux savants), réseaux et pratiques scientifiques et techniques (archives, correspondances, traduction) en France ; Ghislaine Alleaume, directrice de recherche émérite au CNRS, ancienne directrice du CEDEJ (Le Caire) et de l’IREMAM (Aix-en-Provence) ; Thierry Zarcone, directeur de recherche au CNRS, Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (EPHE-PSL) et IEP d’Aix-en-Provence.

    La Révolution française et la Renaissance égyptienne (Nahda) du XIXe siècle ont en commun d’avoir déstabilisé des structures pluriséculaires. Au-delà du choc événementiel de l’expédition de Bonaparte, il s’agira ici de mettre en lumière le jeu des représentations croisées, des correspondances et malentendus entre les deux rives de la Méditerranée, autour des notions de civilisation, de progrès et de réforme, construction des Lumières ou complexe ressort politique, intellectuel et religieux du terrain oriental.
  • Le temps du débat, une émission France culture
    Animée par Emmanuel Laurentin, historien, producteur de l’émission « La Fabrique de l’Histoire » sur France Culture.
 
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