Expositions

Baya, icône de la peinture algérienne

Femmes en leur Jardin
  • 8 Novembre 2022 - 26 mars 2023
  • Du mardi au vendredi : De 10h à 18h
    Samedi, dimanche et jours fériés : De 10h à 19h
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  • Espace des Donateurs : niveau -2
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  • Tarifs : 6 € (plein) / 4 € (réduit) / 3 € (-26 ans)
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Baya, icône de la peinture algérienne

A travers l’exposition « Baya, icône de la peinture algérienne. Femmes en leur Jardin », le musée de l'IMA et le Fonds Claude et France Lemand rendent hommage à l’artiste algérienne la plus singulière du XXe siècle, propulsée dès l’âge de 16 ans au sommet de la notoriété. Une invitation à (re)découvrir le bestiaire énigmatique de ses céramiques, et surtout ses peintures joyeuses et colorées montrant une nature luxuriante, comme une ode à la vie.

Dans le cadre de « 2022. Regards sur l'Algérie à l'IMA »

 Baya, Vogue France, février 1948. D.R. Baya en 1947 à Paris. Magazine Vogue, février 1948. D.R.

Les mots pour parler de Baya sont souvent piégés, car ils ressassent l’idée du miracle initial ou qualifient son art d’art naïf. L’un obère toute réelle historicité au regard de sa trajectoire et l’autre empêche de voir la singularité de son art, son raffinement, ses évolutions, sa dimension spirituelle.
Anissa Bouayed

Baya n’a pas souffert, comme d’autres femmes artistes, d’un manque de visibilité : elle avait 16 ans lors de la première grande exposition de ses œuvres, organisée à Paris en 1947 par le galeriste Aimé Maeght. Son travail, qualifié à tort « d’art naïf » ou « d'art brut », a exercé une influence majeure, particulièrement en Algérie où elle fut beaucoup imitée par les générations formées après l’Indépendance, pour sa singularité, son raffinement et sa dimension spirituelle.

Les œuvres de Baya conservées au musée de l’Institut du monde arabe, augmentées de la donation Claude et France Lemand,  forment un ensemble documentant toutes ses périodes d’activité, de 1947 à sa mort en 1998. Elles viennent compléter le fabuleux trésor des Archives nationales d'Outre-Mer d'Aix-en-Provence et d'autres prêts. L'ensemble permet de saisir l’évolution de sa peinture – avec notamment l’introduction du thème de la musique à partir des années 1960 –, jusqu’aux émouvantes œuvres de 1998, les dernières réalisées par l’artiste.

« Baya. Femmes en leur Jardin » apportera aussi, dans une perspective d’études coloniales et décoloniales, un éclairage inédit sur le « cas Baya », étayé par l’exploration de ses archives, en particulier sa correspondance avec sa mère adoptive Marguerite Caminat. Comment cette jeune fille non scolarisée (comme 98% des filles « indigènes » de sa génération), qui a connu souffrance et violence, devint-elle, à la fin de la période coloniale, cette Baya maîtrisant le langage des formes et des couleurs et créant un style bien identifiable, propulsée dès l’âge de 16 ans au sommet de la notoriété, éblouissant les amateurs d'art parisiens et faisant l'objet d'une double page (écrite par Edmonde Charles-Roux) dans le magazine Vogue ?

Des visites, conférences, rencontres et publications analyseront le contexte historique, social, économique et esthétique de production de chacune des périodes du parcours de Baya, et étudieront les œuvres dans ce qu’elles ont de contingent, d’unique et d’universel.

Prêts exceptionnels de : Archives nationales d’Outre-mer (ANOM, Aix-en-Provence), Fondation Kamel Lazaar (Tunis), Galerie Maeght (Paris), Musée Réattu (Arles), Musée d’art moderne de Lille métropole (LaM, Villeneuve-d’Ascq), Musée Cantini (Marseille), Musée d’Art Naïf et d’Arts Singuliers (MANAS, Laval), Centre national des arts plastiques (CNAP, Paris) et de collections privées historiques.

Baya, Masque blanc de l'artiste, 1948. Céramique, 18 x 15 x 8,5 cm.  Musée de l'Institut du monde arabe
Baya, La Dame aux roses, 1967. Gouache sur papier, 101 x 152 cm. Musée de l'Institut du monde arabe
Baya, L'Âne bleu, vers 1950. Gouache sur papier, 100 x 150 cm. Kamel Lazaar Foundation
Baya, Les Trois Grâces, 1988. Gouache sur papier, 49,5 x 98,5 cm. Coll. part.
Baya, Deux femmes, 1947. Gouache sur papier, 63 x 47 cm. Kamel Lazaar Foundation. Quentin Crestinu
Baya, Femme aux poissons, 1991. Gouache sur papier, 100 x 75 cm. Donation Claude & France Lemand / Musée de l'IMA
Baya, Sans titre, 1998. Gouache sur papier, 50 x 100 cm. Musée de l'Institut du monde arabe
Baya, Paysage (Jardin d'Eden), 1966. Gouache sur papier, 100 x 150 cm. Coll. part.
Baya, Femme, oiseaux, grappe et fleurs, 1998. Gouache sur papier, 64,5 x 49,5 cm. Coll. part.

Orpheline de père à 6 ans, de mère à 9 ans, Fatma Haddad (1931-1998) – elle se choisira très tôt elle-même le nom d'artiste de Baya –, est remarquée à l’âge de onze ans par Marguerite Caminat, une femme venue en Algérie en 1940 pour fuir la France occupée. Celle-ci prend l’enfant sous son aile, embauche une institutrice qui lui apprend à lire et à écrire – tout en l'encourageant à conserver et à développer son patrimoine culturel algérien auprès de familles musulmanes de ses amis –, et c’est chez elle, avec ses pinceaux et couleurs, que Baya se met à peindre. Le galeriste Aimé Maeght, qui avait découvert son talent au cours d’un voyage à Alger, lui organise une première grande exposition à Paris dès 1947 : Baya éblouit les amateurs d’art et entre de plain-pied sur la scène artistique, légitimée par de grands personnages tutélaires dont André Breton – non sans ambivalence, entre curiosité pour une artiste en devenir et paternalisme, en une approche de l’altérité empreinte d’orientalisme. Dès l'été 1948, Baya revient en France pour réaliser des sculptures ; sa créativité dans le travail de l’argile est remarquée par Picasso, dans l’atelier de céramique Madoura de Vallauris.

Grâce à sa mère adoptive et à d’autres soutiens influents dont le poète Jean Sénac, Baya demeure sur la scène artistique jusqu’à la période de la guerre d’Indépendance (1954-1962). Mariée en 1953 au musicien El Hadj Mahfoud Mahieddine, elle s’arrête de peindre pour se consacrer à sa vie familiale (elle aura six enfants). En 1962, et c’est sans doute le plus remarquable après ce « retour à l’ordre », elle trouvera la force de reprendre son travail artistique, avec l’aide primordiale du peintre Jean de Maisonseul, nouveau directeur du musée national des Beaux-Arts d’Alger, qui expose ses œuvres dès 1963 et en acquiert certaines qui font encore la fierté de ce musée.

Malgré sa personnalité discrète, contrastant avec une scène artistique tumultueuse qui opposait à Alger différents courants et leurs représentants, Baya fraya son propre chemin, en participant à des expositions collectives et en bénéficiant de nombreuses expositions personnelles, principalement dans la capitale, où elle montra ses œuvres presque tous les ans. Elle fut en 1967 de l’aventure du groupe Aouchem (Tatouages), fondé par Choukri Mesli et Denis Martinez, qui entendait connecter l’art contemporain aux sources de l’art africain et au répertoire formel transmis par les arts populaires du Maghreb. Consacrée comme l’une des pionnières de l’art algérien, elle obtint en 1969 le Grand Prix de peinture de la ville d’Alger. Baya continua de travailler en faisant évoluer sa peinture, et sa production prolifique fut appréciée à l’international.

© Othmane Mahieddine, pour les œuvres de Baya

© Anissa Bouayed pour le texte Baya, vie et œuvre

Catalogue de l'exposition : © Editions IMA, éditions CLEA, éditions Barzakh, Images Plurielles, Paris/Marseille/Alger, 2022
Note des éditeurs : Les opinions exprimées dans cet ouvrage n’engagent que leurs auteurs.

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Baya. Femmes en leur Jardin

Baya. Femmes en leur Jardin

L’Institut du monde arabe remercie chaleureusement les mécènes et partenaires de l’exposition Baya. Femmes en leur Jardin :

Ainsi que les mécènes et partenaires du cycle 2022. Regards sur l’Algérie à l’IMA :

 

 

En partenariat avec :

                

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