Présentation d'ouvrages | Rencontre avec Annalaura Turiano et Stéphanie Guédon
Rencontre avec les auteures de deux ouvrages nouvellement publiés : Annalaura Turiano pour Missionnaires italiens et enseignement en Égypte (1890-1970). De la pastorale migratoire à la coopération technique, et Stéphanie Guédon pour Juba II : l’Afrique au défi de Rome.
Dans le cadre des 12e Journées de l'Histoire de l'Institut du monde arabe
Annalaura Turiano, Missionnaires italiens et enseignement en Égypte (1890-1970). De la pastorale migratoire à la coopération technique
Institut français d’archéologie orientale, 2025
Yarmouk, dit “Little Palestine”, est un camp de réfugiés palestiniens situé dans la banlieue sud de Damas. Construit dans les années 1950, il abritait en 2012 quelque 160000 personnes. Au cours du soulèvement syrien, une grande partie de sa population est partie, fuyant les affrontements entre les forces loyalistes et les opposants au régime de Bachar al-Assad. Ceux qui sont restés ont été assiégés et affamés en 2013-2014 par l’armée régulière et les milices, avant de subir les atrocités de l’État islamique à partir de 2015, ainsi que les bombardements intensifs du régime, qui est parvenu en 2018 à reconquérir le camp, presque totalement en ruine.
Stéphanie Guédon, Juba II : l’Afrique au défi de Rome
Les Belles lettres, 2025
La police abbasside était sans conteste un outil indispensable à la gouvernance du territoire iraqien et de ses populations urbaines comme rurales. Cette institution joua un rôle singulier, mais peu connu, dans la mise en place d’un ordre social, politique, fiscal et moral aussi bien dans les villes que les campagnes de l’Iraq abbasside (132-334/750-945). Cet ouvrage se propose de jeter la lumière sur cette institution à partir d’un corpus édité varié et de sources manuscrites inédites. En partant de « ceux qui font la police », cette enquête se penche sur le fonctionnement de l’institution et ses pratiques en accordant une attention particulière aux interactions entre les différents acteurs de la police et les populations. Elle permet d’éclairer, à travers le prisme sécuritaire, les rapports entre l’État prémoderne et les peuples qu’il gouverne. L’ouvrage envisage l’action de la police comme un processus en recomposition permanente et retrace l’histoire d’un « mode de légitimation de la force ».
Modération : Françoise Briquel-Chatonnet, directrice de recherche CNRS.

