29 mars 2026

Faire la fête et lutter ensemble : les “soirées arabes” en France

Carte blanche à l'Agence Karkadé

Depuis une dizaine d’années, à Paris et Marseille, des soirées célébrant les héritages musicaux arabes se multiplient. Quels imaginaires portent ces “soirées arabes” de France ? Que disent-elles de notre histoire, et du rapport des nouvelles générations à la mémoire, à l’identité, aux luttes collectives ? Rim Affaya, Leyane Ajaka Dib Awada, Donia Ismail et Naïma Yahi, respectivement anthropologue, chercheuse, journaliste et historienne, répondent à ces questions.

Depuis une dizaine d’années, une nouvelle scène festive prend de l’ampleur en France : à l’initiative d’artistes, de DJ ou de collectifs de jeunes issu(e)s des mondes arabes et arabo-descendants, des soirées célébrant notamment les héritages musicaux arabes se multiplient, à Paris et sa banlieue comme à Marseille.    

Cette dynamique s’inscrit pourtant dans une histoire plus longue : dès le milieu du XXᵉ siècle, Paris – notamment Barbès, la Goutte-d’Or et Belleville – accueillait des fêtes, cabarets et cafés-concerts maghrébins, véritable scène nocturne où travailleur(se)s immigré(e)s et communautés diasporiques trouvaient convivialité, exutoire et reconnaissance. Ces fêtes, souvent marginalisées dans les récits culturels dominants, furent pourtant des foyers essentiels de création musicale, de sociabilité et d’expression politique implicite.   

Réinventant aujourd’hui la fête comme espace de fierté, de liberté et de réappropriation culturelle, les collectifs et DJs contemporains renouent avec cet héritage tout en le transformant. Mêlant musiques traditionnelles à des sonorités plus expérimentales ou revisitées, elles redonnent vie à un patrimoine longtemps minoré et deviennent des espaces d’expression de luttes communes et contemporaines.    

Quels imaginaires portent les « soirées arabes » en France ? Que disent-elles de notre histoire, et du rapport des nouvelles générations à la mémoire, à l’identité, aux luttes collectives ?   

Avec :

  • Rim Affaya, anthropologue, chercheuse postdoctorale à l'Université d'Aix-Marseille et résidente de recherche à l'Institute of Advanced Studies à l'Université Mohammed VI Polytechnique
  • Leyane Ajaka Dib Awada, chercheure et membre du conseil de rédaction d’Orient XXI
  • Donia Ismail, journaliste, co-fondatrice du collectif Arabengers
  • Naïma Yahi (en visio-conférence), historienne spécialiste de l’histoire de l’immigration 

Modération : Chirine El Messiri, cofondatrice de l'Agence Karkadé