Célébrer les indépendances maghrébines : liesses populaires et légitimation des nouveaux régimes (1956 et 1962)
Carte blanche à l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP)
L’Institut du monde arabe a le plaisir d'annoncer la douzième édition des Journées de l'Histoire, autour du thème "Fêtes et émotions populaires dans le monde arabe".
En mars 2026 a eu lieu le 70e anniversaire des indépendances marocaine et tunisienne. Cette coïncidence paraît l’occasion idéale pour revenir sur les célébrations, populaires comme officielles, ayant eu lieu dans les trois pays du Maghreb colonisés par la France, le Maroc et la Tunisie (mars 1956) et l’Algérie (juillet 1962). Les fêtes populaires - fêtes religieuses, anniversaires des souverains, commémoration d’épisodes de révolte contre l’autorité coloniale - sont le lieu d’expression des velléités indépendantistes des populations maghrébines. Une fois l’indépendance obtenue, l’enthousiasme est à son comble. Comment ces journées ont-elles été célébrées, par qui, et quels étaient les sentiments exprimés ? Quel sens leur donner du point de vue des populations ? La joie est-elle la seule émotion autorisée dans l’espace public ? Si les festivités de l’indépendance viennent couronner la fin de la période coloniale et l’aboutissement des luttes nationalistes, elles constituent aussi le début d’ères nouvelles, avec l’instauration de nouveaux régimes. Comment ces derniers, en quête de légitimité, cherchent-ils à encadrer les célébrations et à leur donner du sens ? Comment, enfin, ces célébrations posent-elles les fondements des futures commémorations, et donc de la mémoire des luttes pour l’indépendance au Maghreb ?
Avec
Benjamin Badier,docteur en histoire contemporaine, ATER Université Bretagne Sud
Rihem Fahem,doctorante, Institut d’histoire du temp présent
Malika Rahal, directrice de recherche CNRS, directrice de l’IHTP
Modération
Sarra Grira,rédactrice en chef d’Orient XXI