31 janvier 2026

Les Samedis de la poésie | L’amour dans tous ses états

Avec le concours de Farouk Mardam-Bey, directeur des éditions Sindbad, la bibliothèque de l'IMA programme chaque mois un rendez-vous consacré à la (re)découverte de la poésie arabe. Pour commencer l'année sur une note amoureuse, les « Samedis » dédient cette séance à l'amour dans la poésie arabe contemporaine.

Al-hubb

Depuis la période préislamique, bien des poètes ont chanté le vin avant Abû Nuwâs, mais personne avec autant de constance et de vigueur. 

Thème majeur de la poésie universelle, l’amour l’est évidemment aussi chez les Arabes, depuis qu’existe une poésie en langue arabe, vers la fin du VIe siècle. L’un des premiers « Samedis de la poésie » a été consacré aux poètes classiques et post-classiques qui lui ont dédié l’essentiel de leurs œuvres, dans une veine courtoise ou sensuelle, voire érotique.

Or si les poètes de la première moitié du XXe siècle se sont pratiquement contentés de reproduire le legs des Anciens, parfois avec d’éclatantes réussites, on a assisté depuis les années 50 à de nouvelles approches, en dépit de la permanence, en littérature comme dans la vie réelle, de la domination masculine.

Pour illustrer ce changement, seront présentés et lus des poèmes ou fragments de poèmes d’Adonis («Les métamorphoses de l’amoureux»), Ounsi El-Hage («La messagère aux cheveux longs jusqu’aux sources»), Mahmoud Darwich («S’envolent les colombes») et Amjad Nasser («L’ascension de l’amant»), avec un rappel de l’apport décisif de Nizar Qabbani.
 

  • Présentation : Farouk Mardam-Bey
  • Lecture en arabe : Omar Kaddour
  • Lecture en français : Clémence Azincourt
  • Accompagnement musical au violoncelle : Lola Malique

Où m’emportes-tu mon aimé, loin de mes parents,
De mes arbres, de mon petit lit et de mon ennui,
De mes miroirs, de ma lune, du coffre de mes jours, de mes nuits de veille,
De mes habits et de ma pudeur ?
Où m’emportes-tu mon aimé, où ?
Dans mon oreille, tu enflammes les steppes, tu me charges de deux vagues,
Tu brises deux côtes, tu me bois, me brûles, 
Et m’abandonnes sur le chemin du vent vers toi.
Pitié... Pitié...

Mahmoud Darwich. Traduit de l’arabe par Elias Sanbar

AVEC LE SOUTIEN DE