Spectacles

Concert | Jeunes talents, Premières en France ! Itmahrag et Khtek

Dans le cadre des Arabofolies, festival musical, des arts et des idées
  • 8 juin 2021
  • Mardi : 20h
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  • Auditorium (niveau -2)
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Concert | Jeunes talents, Premières en France ! Itmahrag et Khtek

En prise directe avec les vibrations électrisantes des banlieues du Caire et de Casablanca, portrait d’une génération qui exprime ses colères et ses espoirs et affirme une identité sans compromis. Au programme :  Itmahrag, une création du chorégraphe Olivier Dubois qui célèbre le style musical le plus écouté d'Égypte, le mahraganat ou électro-chaâbi ; et un concert de Khtek, nouveau visage du rap marocain au féminin.

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Itmahrag : des anonymes assistant au concert. D.R. D.R.

1re partie | Itmahrag

Au milieu des années 2000, la banlieue du Caire a voit naître le son qui accompagnera la révolution printanière de 2011 et ne cessera de rythmer le quotidien des rues égyptiennes et d’illustrer le mode de vie de la jeunesse. Le mahraganat, qui signifie littéralement « festival », aussi connu sous l’appellation d’« électro-chaâbi », conjugue musiques et rythmes locaux, trap et électro, danses et flow en argot. Style musical le plus écouté d’Égypte, c’est une musique instinctive, intense, explosive, accompagnée de textes puissants. Mais le mahraganat est plus qu’une musique : haut-parleur d’un quotidien plein d’espoir et de ferveur, omniprésent dans la vie des Égyptiens et particulièrement des jeunes, c’est un style de vie, un art de la célébration du vivant, de l’instant. Une performance en soi où les corps se mettent en scène. Des fêtes branchées aux mariages de quartiers, des enceintes dans les rues qui saturent de cette musique mêlant rap et électro aux voix autotunées et aux rimes argotiques, jusqu’aux spots publicitaires châtiés, le mahraganat est le corps et la voix de cette jeunesse. 

Le célébré et novateur chorégraphe Olivier Dubois, qui partage son temps entre l’Égypte et la France, a consacré sa dernière création à ce phénomène. « Itmahrag », mot inventé à partir de mahraganat pour signifier une injonction à festoyer, met en scène danseurs, chanteurs et musiciens égyptiens.  

La version concert présentée à l’Institut du monde arabe s’appuie sur les prestations de trois chanteurs et MC’S parmi les plus appréciés de la scène mahraganat contemporaine : 

  • Ibrahim x, originaire de Kafr El-Dauwar dans la région du Delta, s’est fait remarquer en 2019 avec son album Ya Khal (Ô Oncle) par son irradiante présence et son flow poétique.
  • Originaire du quartier cairote de Zawya, Shobra el General a débuté dans le rap il y a plus de quinze ans ; chanteur et comédien, il est considéré comme le pionnier de la nouvelle vague.
  • Venu d’Alexandrie, Aali el Captin chante et a composé avec François Caffenne, fidèle complice d’Olivier Dubois, le répertoire de cette création explosive. 
KHTEK © Sadik El Messaoudi Sadik El Messaoudi

2e partie | Khtek

Originaire de la petite ville amazighe de Khemisset, Khtek – « ta sœur » en marocain –, de son vrai nom Houda Abouz, est le nouveau visage du rap marocain, dans un environnement musical fortement dominé par les hommes : elle esten train de s'imposer commela patronne du hip-hop de son paysdans le classement 2020 des BBC Women.

Elle commence à écrire des chansons en 2016, aborde des sujets tabous, et son rap libre et créatif n’hésite pas à prendre le contre-pied des traditions du royaume. 

Ses pairs les plus célébrés du Royaume lui on fait une place de choix dans leur titres récents : El GrandeToto, Don Bigg et Draganov pour « Hors Série » ou Tagne et Stormy sur « Fratello » qui ont, comme ses propres clips « Kick Off » et « Ftila », affolé les réseaux sociaux en 2020. Avec ses tracks aux grooves soignés et implacables et ses lyrics poétiques ou sans détours, Khtek affirme son identité amazighe, dénonce les inégalités et les excès d’une société patriarcale trop souvent rétrograde. Avec son rap moderne et sans concession, elle incarne une nouvelle génération de femmes fortes, libres et engagées.

Sa voix perce également à l’international grâce à une campagne Spotify. Son dernier clip, « KickOff », a été vu plus de 1 million de fois sur Youtube. Elle y raconte les inégalités de la société et les aléas du rap marocain, sans langue de bois et avec une facilité déconcertante. Son style unique et sa musique sont ses outils pour servir son engagement pour les droits des femmes.

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