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Pour sa neuvième édition, le Festival de musique a justement choisi de célébrer la voix dans tous ses éclats, en conviant divers artistes issus du Maghreb et du Proche-Orient, dont certains rendront un hommage appuyé aux regrettés Oum Kalsoum et El Hadj El Hachemi Guerouabi. Ces interprètes, au coffre souvent impressionnant, qu’ils fassent partie d’une formation ou qu’ils privilégient l’exercice vocal en solo, ont tous comme références la tradition dans toute sa splendeur et les écoles des grands maîtres. Ainsi en est-il de Takht Attourath.

Ce qui fait la force et le talent de ce prestigieux ensemble, c’est ce mélange inspiré d’art musical arabe ancien, datant de la Nahda (renaissance arabe), et de tradition poétique, entre profane et religieux ou savant et populaire. Si le mérite en revient à la présence de brillantes individualités vocales et instrumentales, on ne peut ne pas saluer celui qui en est l’âme : le joueur de luth et chanteur, docteur ingénieur dans le civil, Abderrahman Kazzoul.

Né à Beni Mellal, au pied de l’Atlas marocain, il a longtemps collaboré avec le violoniste Nidaa Abou Mrad, ainsi qu’avec le professeur Abiad, du conservatoire de Beyrouth, connu aussi pour avoir été un des accompagnateurs attitrés de Faïrouz et de Mohamed Abdel Wahab.
Naziha Meftah et Abir Nasraoui, dans ce registre difficile qu’est le répertoire d’Oum Kalsoum, maîtrisent à la perfection les maqâmates (modes de la musique modale d’Orient correspondant aux tons de la mélodie tonale occidentale). On peut dire la même chose, sur le mode andalou, de l’excellent El-Mawsili, dirigé par le maestro Farid Bensarsa, une des rares écoles implantées, avec des moyens de fortune et beaucoup de passion, en France.

Quant à Abdelkader Chaou, on lui a souvent reproché – à tort –, tout comme naguère à l’inoubliable Guerouabi qu’il fera revivre musicalement, l’espace d’une soirée avec la complicité de Sid-Ali Dris, ses tendances pour les airs « légers ». Mais on oublie que cet artiste élégant, virtuose de la mandole, reste, au fond, plus proche qu’on ne le croit des sources qui ont abreuvé le chaâbi. Que les chansons soient tristes ou gaies, qu’il y ait ambiance de fête ou emprunt à la tradition ibérique à travers Chehlat Layani, interprété autrefois par Luis Mariano, Chaou, avec un art dont lui seul a le secret, nous parle toujours directement au coeur sans perdre l’esprit festif. Tout comme notre festival.


Images : DR
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Dernière mise à jour : 16/06/08