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TARIFS Hommage à Oum Kalsoum Avec Abir Nasraoui et Naziha Meftah Plus de trente ans après sa disparition, un 3 février 1975, ses complaintes déchirantes, « habitées », résonnent toujours aux oreilles des mélomanes, toutes classes sociales confondues. Car la cantatrice avait su séduire toutes les franges de la société, du balayeur au président (Nasser fut l’un de ses plus fervents admirateurs et ne ratait jamais ses fameux concerts donnés le premier jeudi de chaque mois), du paysan démuni au fonctionnaire embourgeoisé. Tout au long de sa carrière, Oum, bien épaulée par son ami (et amoureux transi) Ahmed Rami, génie de la parole et érudit sans prétention, a domestiqué tous les genres et interprété tous les grands noms de la poésie arabo-musulmane en révolutionnant la métrique. Miracle ! Dans le domaine de Kalsoum, les textes d’Omar Khayyam l’hédoniste, d’Ahmed Chawki, «l’Emir des poètes » (dont elle a chanté le troublant Demandez aux cruches de vin), de Mahmoud Bayram Ettounsi, véritable encyclopédie ambulante, de Taher Abu Facha, le passionné ou d’Ahmed Chafik Kamel le romantique, prennent une autre allure, une autre tournure, une autre dimension. Portés par une voix si prenante, ils tendent vers le sublime, en particulier lorsque le grand maître Mohamed Abdel Wahab vient apporter sa touche unique de compositeur. L’Institut du monde arabe a choisi de lui rendre hommage à travers diverses manifestations. Dans le cadre du festival, deux voix issues d’horizons différents viendront rappeler le côté fédérateur de la plus grande dame de la chanson arabe. Elles s’appellent Abir Nasraoui et Naziha Meftah. La première, Tunisienne, est née, il y a trente-deux ans, à Kasserine, dans le centre-ouest tunisien, au sein d’une famille éprise de chant. Elle a suivi des études de musique, complétées par un DEA en ethnologie à la Sorbonne. Abir a contracté le virus de la musique dès l’âge de quatre ans, puis a brillé vocalement au sein de différentes chorales de son école. Plus tard, elle intègre le groupe populaire tunisois Taqassim, dirigé par Ismahène Chaâri, et s’y distingue par ses apparitions en solo. Elle a participé à divers festivals, dont ceux de Carthage, du Caire et de Konya, en Turquie, en 2007. Tout en poursuivant sa carrière artistique, Abir Nasraoui anime aujourd’hui deux émissions quotidiennes sur Monte Carlo Doualiya, première radio panarabe. La seconde, Marocaine, née à Chefchaouen, est titulaire d’une maîtrise de littérature arabe. Par la suite, elle quitte le Maroc pour la France dans le but de poursuivre ses études supérieures et de découvrir de nouveaux horizons artistiques. Elle vit sa passion de l’art comme un rêve qui la porte et auquel elle jure fidélité. Sa voix est couleur d’arc-en-ciel : elle chante Faïrouz, Oum Kalsoum, Asmahan, Najat et d’autres. Ses vibratos vont à la rencontre de l’arabo-andalou et du melhoun tout en explorant d’autres registres. Avec l’enregistrement de l’album Indifa au Caire et d’un second à Bruxelles, en collaboration avec le groupe belgo-marocain Qayna, la diffusion de ses chants sur les ondes de Radio Orient, RMC, Médi1, RTM, et ses multiples participations à des événements en France et à l’étranger (entre autres, le Festival d’Avignon en 2003 et le Festival Cultures du Maghreb à Caen en mars 2005), Naziha mérite d’être considérée comme l’une des plus belles voix arabes de Paris. Les deux voix de miel seront accompagnées par un orchestre dirigé par le virtuose de la percussion Adel Shams Eddine.. |
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