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20h30 à l'Auditorium
LOdyssée musicale
Amine et Hamza MRaihi, avec la formation Asfâr
Initiés très tôt à la musique arabe, Amine et Hamza MRaihi ont obtenu à 13 et 12 ans leur diplôme de musique arabe et le premier prix au diplôme de linstrument, Amine pour le cûd et Hamza pour le qânûn. Aujourdhui âgés respectivement de 19 et 18 ans, les frères MRaihi sont des valeurs sûres de la musique instrumentale arabe et orientale. En effet, Amine a atteint une maîtrise exceptionnelle et une très haute pratique du cûd. Il réussit à en tirer de nouvelles sonorités repoussant les limites de cet instrument. Quant à Hamza, il a établi la jonction entre la très grande technicité du qânûn turc et lexpressivité du qânûn arabe.
Mais Amine et Hamza nen seraient pas là sils ne possédaient en outre ce supplément dâme, cette liberté nécessaires à la maîtrise de lart de limprovisation. Animés par la passion de la musique et par la soif de nouvelles expressions musicales, les deux jeunes virtuoses ont sillonné les scènes prestigieuses du Festival de la médina de Tunis, de lOpéra du Caire, du théâtre de la Médina de Beyrouth, du Festival international de la BBC à peine leurs 16 ans révolus, et ont sorti en Europe trois opus dont Asfâr («Voyages»), leur dernière création présentée à lIMA.
A travers des pièces instrumentales et chantées, Asfâr est une recherche de nouveaux espaces mélodiques. Combinant leur connaissance des maqâmât orientaux aux inestimables poèmes mystiques du soufi el-Hallaj ou du poète Abû Nuwwas, les prodiges tunisiens développent des sonorités aériennes et imagées. Laissant une place de choix au chant arabe, le talentueux Mohamed Jebali sort loin des sentiers battus des structures et des modes usuels. Car les poèmes sont découpés selon la nécessité expressive musicale et non selon la contrainte métrique. Ainsi, les mélodies vocales infiniment raffinées fusionnent avec lorchestration. La voix du ténor se prête tour à tour à lévocation de lamour divin, puis à des vocalises jazzy et inspirées, avec la précision dun instrument de musique. Nous sommes en présence dune nouvelle forme de chant arabe, une expression inédite entre la musique instrumentale et la chanson.
Pour conter cette invitation au voyage au public, la formation est complétée par Birol Gurkan à la clarinette, Heiko Dijker au tabla et Lotfi Soua aux percussions, qui insufflent au takht (« orchestre ») tour à tour, des sonorités indiennes, turques et persanes.
Aujourdhui, Amine et Hamza MRaihi poursuivent des études de médecine, emboîtant le pas à leurs parents. Mais ils continuent de composer et de se produire pour notre plus grand plaisir.
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