Auditorium

à partir de 20h
EGYPTE
Rythmes savants
Avec Adel Shams El Din

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Adel Shams El Din, musicien égyptien installé à Paris, est passé maître dans l’art de la percussion, notamment sur le riqq (tambour sur cadre à la membrane unique en peau de poisson portant dix paires de cymbalettes), en devenant ainsi une référence en matière de percussions orientales. D’origine égyptienne, né en 1950, Adel Shams El Din s’installe à Paris où il commence une carrière internationale en accompagnant, pendant leur passage dans la capitale, des chanteurs arabes célèbres, ainsi que des musiciens internationaux. C’est l’un des piliers de l’ensemble Al-Kindi depuis sa création, dont il est devenu l’incontournable accompagnateur. Sa connaissance, comme sa parfaite maîtrise de tous les rythmes les plus complexes, en font un interprète respecté et très sollicité par les musiciens professionnels du Proche-Orient, d’Afrique du Nord ou de France. Il a publié de nombreux disques.




EMIRATS ARABES UNIS
Cérémonie d’al-mâlid
Par l’Ensemble national pour les arts populaires

Le Fann al-mâlid est un genre musical musulman organisé en cérémonie rituelle qui unit, dans un même élan, poésie spirituelle et récitation improvisée évoquant la vie du Prophète. Ces chants choraux sont accompagnés de danses extatiques. Certaines familles organisent des mâlid pour les mariages. Aux Emirats Arabes Unis, les groupes du mâlid ont commencé à introduire dans la cérémonie une partie du dhikr (invocation du nom de Dieu) et des madâyah (glorification du Prophète). Les chefs de groupes du mâlid sont souvent des mystiques appartenant aux confréries qadiri et rifa’i. Ils entretiennent volontiers un échange ininterrompu avec les autres ordres du monde arabo-musulman. Le chef du groupe (le cheikh) appelé aussi nedhîm, se doit de connaître les textes traditionnels récités ainsi qu’un nombre important de poésies religieuses. C’est lui qui chante, en soliste, les principaux morceaux de textes. Le raddîda (groupe de chantres) a pour rôle d’interpréter en chœur les autres morceaux, selon les directives du cheikh. Le raddida joue du tambour sur cadre, seul instrument autorisé dans cette cérémonie. Le mâlid se caractérise par un style alternant tantôt les mélodies, tantôt les rythmes. Le mâlid est composé de plusieurs fasl (parties). La première partie appelée al-riwâya, (l’anecdote) précède une récitation coranique. Cette interprétation du cheikh est régulièrement entrecoupée d’un refrain repris par l’enselmble. La deuxième partie est composée de madâyah, toutes destinées à la gloire du Prophète. Enfin, la troisième partie appelée allûha est le plus souvent jouée au cours des mariages. Le cheikh, par son chant solo, juxtapose une ligne mélodique rythmée et répétitive sur les rythmes frénétiques des tambours et la danse des raddîda.




ALGÉRIE
Chants sacrés du Sahara
Ahallil de Gourara

Le mot ahallil désigne à la fois un genre musical et le groupe qui le pratique. Ces chants foisonnent de prières, de suppliques et de refrains où Dieu est glorifié dans son unicité. L’ahallil demeure avant tout une musique et un ballet propres au Gourara, une région du sud-ouest algérien, qui compte une centaine d’oasis habitées par les Zénètes ou les Berbères du Sahara. Les populations essentiellement arabophones de Tinerkoul et du Taghouzi, habitant les ksour, ces antiques maisons fortifiées, faites de terre rouge ou ocre, goûtent avec plaisir cette musique. Et c’est ensemble qu’elles communient dans les grandes occasions, comme lors du mouled (le temps du souvenir du Prophète). Ce genre s’exécute de préférence après la tombée du jour, quand les contraintes du soleil et du désert cèdent la place à la douceur de la nuit. Alors, un groupe d’hommes se réunit en plein air et forme un cercle, au milieu duquel se tiennent un abchniw (poète et chanteur soliste), un flûtiste, un joueur de gumbri (instrument à cordes) ainsi que des percussionnistes utilisant tambours, pierres et mains. Ils répètent en chœur d’une voix grave, les complaintes aiguës du soliste, faites de suppliques, de quête de pardon et de grâce. Dans un enchevêtrement subtil, l’ahallil fait cohabiter sacré et profane. L’atmosphère est chargée d’émotion et de volupté d’une densité extrême. Cette musique s’adresse à l’ensemble du corps devenu toute ouïe. Ces chants racontent aussi l’histoire de ces peuples. En intercalant le rappel de préceptes religieux avec le récit de batailles mémorables, l’ahallil contribue ainsi à maintenir la mémoire collective du groupe. Ils chantent également les espérances et les inquiétudes de leur époque.





  Images : Frédéric Froument | D.R.
  copyright © 2003 Institut du Monde Arabe, Paris.
  Dernière mise à jour : 27/05/03