Salle du Haut-Conseil (niv.9)

4 et 5 juillet 2002
L’enjeu scénario dans les coproductions euro-arabe
par Catherine Arnaud, coordinatrice du Colloque

Les coproductions euro-arabes ont presque vingt ans aujourd’hui. La France, avec son exception culturelle, même menacée, y est une terre d'accueil, là aussi.Le Fonds Sud, le Centre National de la Cinématographie, L’Agence intergouvernementale de la Francophonie, Le Ministère des Affaires Etrangères en constituent les principales sources de soutien.

Le montage financier de plus en plus de films d'auteurs arabes dépend très majoritairement de ces instances précitées et de quelques autres, européennes. C'était tout le sens de la présence, exceptionnelle, cette année au Festival de Cannes, de six films de cinéastes arabes émanant de co-productions avec les instances françaises et la chaîne de télévision européenne ARTE.

Dans ce dispositif, la première monnaie d’échange est le scénario. Les cinéastes, scénaristes et producteurs concernés, doivent donc "faire avec" une grammaire du scénario spécifique, celle des décideurs. Et ce, d’autant plus que semble s’amplifier un certain "retour du scénario", si l’on considère l’importance croissante des ateliers d’écriture, des aides à la réécriture, des scénaristes-consultants…

Le colloque autour de "L’Enjeu scénario dans les coproduction euro-arabes", organisé les 4 et 5 juillet 2002, lors de La Sixième Biennale des cinémas arabes à Paris, est l'occasion d'évoquer les critères de sélection appliqués aux scénarios et les modes de fonctionnement des organismes de soutien concernés.

La présence de différents représentants des instances françaises et européennes significatives permettra que des questions demeurées sans réponse, puissent trouver, ici, un écho.

La participation également de nombreux acteurs de ces co-productions euro-arabes augure d'un dialogue avec les décideurs invités.

Quant aux cinéastes arabes, participant à cette Sixième Biennale, ou présents parmi l'assistance, tous "Invités d'honneur" par excellence, ils nous parleront de leurs aventures scénaristiques, comblées ou déçues.

Le colloque sera aussi l'occasion d'un état des lieux.

Samir Farid, critique de cinéma égyptien, fera un historique des coproductions euro-arabes.

Le métier de scénariste et l’évolution du scénario dans les pays du Maghreb et de Mashreq seront également abordés. Et ce, respectivement, par Abdou B, critique de cinéma algérien, actuel responsable du département-Cinéma et Audiovisuel de L'Année de l'Algérie en France, en 2003, et par Rafik al-Sabban, critique et scénariste syrien intégré dans le cinéma égyptien depuis de nombreuses années.

Mohamed Kamal al-Kalioubi, cinéaste et scénariste égyptien, est invité à parler de l'enseignement du scénario à L'Institut Supérieur du Cinéma du Caire, où il a les charges du département en question.

Certains représentants de Fondations européennes, ces instances qui prennent de plus en plus d'importance dans le soutien, notamment, des films du Sud, se devaient d'être conviés à s'exprimer. Comme Marco Muller, de La Fabrica-Cinéma en Italie et de MonteCinémaVerità en Suisse italienne et Sandra Den Hamer, du Festival de Rotterdam, pour La Fondation Hubert Bals.

Pierre Chevalier, responsable de L'Unité-Fictions d'ARTE évoquera son travail avec les cinéastes arabes qu'il a conviés au sein de la chaîne européenne.

Depuis Adieu Bonaparte, de l'Egyptien Youssef Chahine à Intervention divine du Palestinien Elia Suleiman, films qui délimitent les deux décennies de co-productions euro-arabes, il y a là, symboliquement désigné, le parcours du producteur français, Humbert Balsan, à l'intérieur du cinéma arabe.

Dans la mouvance des co-productions euro-arabe des producteurs viendront nous parler de leurs enjeux et des scénarios sur lesquels ils ont misé : Marianne Khoury, productrice en Egypte, Ahmed Attia, producteur en Tunisie et Peter van Vogelpoel, producteur en Hollande.

Mettre en exergue "l'Enjeu-scénario", c’est évoquer des sujets qui séduisent ou qui fâchent selon le lieu d'où l'on parle : les clichés du Sud qui persistent et qui plaisent au Nord, les tabous à l'intérieur du cinéma arabe, l’arbitraire de la subjectivité dans les commissions des décideurs, l’absence ou l’insuffisance des structures cinématographiques de certains pays, la censure et l’autocensure etc…

Les professionnels, des pays arabes et d’Europe, seront invités à débattre, par Laurent Delmas, rédacteur en chef du magazine Synopsis, et modérateur des deux journées du colloque, de tous ces thèmes intrinsèquement liés à la matière même du scénario dans le cinéma arabe des co-productions avec l'Europe.

Le Fonds Sud, sur lequel repose parfois tout l'espoir d'une co-production euro-arabe, est l'un des sujets-clés du colloque.

A cet effet, Michel Reilhac, qui vient de prendre les rênes du département-cinéma d'ARTE, nous fera part de son expérience d'ex-président de la Commission du Fonds Sud.

Maryse Léon Garcia, scénariste française, puisera, elle, dans ses souvenirs de scénariste-consultante, mandatée par Le Centre National de la Cinématographie, auprès de certains cinéastes arabes ayant obtenu une aide à la réécriture.

Sud Ecriture, l'atelier d’écriture créé à Tunis en 1997 par Dora Bouchoucha, est l'un des dispositifs analysés lors du colloque. Dora Bouchoucha, Saïd Ould Khélifa, un cinéaste en ayant bénéficié, et le scénariste Jacques Fieschi, y ayant été convié en tant que consultant, nous guideront, tous les trois, dans cette tâche.

Professionnels, parlant tantôt à la première personne, tantôt au nom d'entités publiques ou privées, qu'ils viennent des pays arabes ou de L'Europe, tous contribueront à ce que ce colloque tisse des liens entre cinéastes, producteurs et partenaires institutionnels. Ils aideront, ensemble, à démêler une partie de l’écheveau des incompréhensions et malentendus. Et peut-être, à susciter de nouvelles co-productions euro-arabes.