L'une des raisons du transfert des richesses agricoles vers les Hautes-Terres pourrait être liée au déclin des oasis des marges du désert. Ce phénomène, difficile à apprécier, est entre autre lié à l'incapacité des ingénieurs hydrauliciens à faire face à l'alluvionnement des périmètres irrigués. Une vingtaine de mètres en une vingtaine de siècles, et les champs se trouvent exhaussés au point de ne pouvoir recevoir les eaux des crues. Seuls des États forts et des travaux gigantesques peuvent remédier à de telles situations.

À Marib, la digue barrant le wâdî Dhana, longue de 650 mètres, est rompue par les flots à plusieurs reprises. Ses réparations constituent l'ultime sursaut d'une civilisation agricole aux abois. Peu de temps après les derniers travaux sous le règne d'Abrahâ, la digue est définitivement emportée. C'est un événement considérable dont le Coran se fait ainsi l'écho :

" Les habitants de Saba avaient, dans le pays qu'ils habitaient, un signe céleste : deux jardins, à droite et à gauche...Mais les Sabéens se détournèrent (de Nous). Nous déchainâmes contre eux l’inondation d'al-'Arim (la digue) et Nous changeâmes leurs deux jardins contre deux autres produisant des fruits amers, des tamarins et quelques fruits du petit lotus... Ils ont agi injustement envers eux-mêmes. Nous les rendîmes la fable des nations et Nous les dispersâmes de tous côtés "

(CORAN, Sourate XXXIV, Saba ).

Quatorze siècles après, l’État yéménite entreprenait la construction d'un nouveau barrage plus en amont.






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