Elément de gouttière en forme de tête de taureau Marib, Temple de Barân,
Ve siè av.j.-c.
Calcaire, H. 22 cm
Musée de Marib
Bien que plusieurs protomés à tête detaureau soient connus, ornant gouttières, piliers ou encore tables d'offrandes et à libation, celui-ci s'en distingue par ses dimensions. A son sommet, une large rainure a été creusée pour permettre l'écoulement de l'eau ou de tout autre liquide.


L'histoire sudarabique s'ouvre avec le règne du souverain Karibîl Watâr fils de Dhamaralî vers la première moitié du VIIe siècle av. J.-C.. Il réussit à unifier la majeure partie de l'Arabie du Sud, au terme de huit campagnes victorieuses consignées dans une longue inscription à Sirwâh. À la fin de son règne, Saba domine tout le Yémen occidental, et les deux royaumes de Qatabân et du Hadramawt passent sous son contrôle indirect.

Marib. Ruines du Temple de Barân.

Les raisons de ce succès sont difficiles à saisir. Nous supposons une unité tribale préalable, une prospérité agricole entraînant un surplus démographique et une supériorité militaire face à des ennemis désunis, mais ce sont là de simples hypothèses.


MARIB, CAPITALE DE SABA

Les Sabéens ont élaboré dans leur capitale des formules architecturales et un art de la statuaire qui ont servi d’exemples aux autres royaumes.

Elément de gouttière en forme de tête de taureau, Marib.

La plus grande ville d'Arabie du Sud, Marib, se situe au débouché du wâdî Dhana. L'abondance et la fréquence de ses crues explique l'étendue — près de 10 000 hectares — et la richesse de cette oasis. La ville, ceinte d'un rempart de 4,5 kilomètres environ, et dominée de nos jours par un tell médiéval, n'a curieusement jamais fait l'objet de fouille. Seuls deux sanctuaires hors-les-murs ont été dégagés : le "Mahram Bilqîs" ou "Temple d'Awwâm" en 1951-1952 par une mission américaine, et le "Arsh Bilqîs" ou "Temple de Barân" de 1988 à 1997 par les archéologues allemands.

Statut de Ma'adkarib, Marib.



Le Temple d’Almaqah, seigneur de Barân comporte un bâtiment central fait de quatre temples successifs emboîtés les uns dans les autres. Cet ensemble architectural, détruit au début de notre ère, fut remanié puis définitivement abandonné au IVe siècle de notre ère.

Statue de Ma'adkarib, Marib, Temple d'Awwâm, vers le VIe siècle av. j.-c.
Bronze, H. 93 cm
Musée national de Sanaa
Lors des fouilles américaines menées dans le temple d'Awwâm au début des années cinquante, plus de 24 statuettes, souvent fragmentaires, ont été dégagées. Celle-ci, la plus grande et la plus complète, est connue sous le nom de Ma'adkarib.
c'est l'une des plus importantes et des plus belles pièces trouvées à l'heure actuelle au Yémen mais c'est aussi l'une des plus énigmatiques et celle qui est le plus sujet à controverses, témoignant des limites des interprétations de l'archéologie, de l'histoire de l'art et de l'épigraphie.













Marib.
Ruines du Temple de Barân.





Crédits photographiques
Philippe Maillard - DAI/Burkhard Vogt - Hana Chidiac - S.Autum-Muizer - John Tsantes
copyright © 1998 Institut du Monde Arabe, Paris.