Tombée aux mains des Arabes en 641, l’Egypte sera pendant tout le Moyen Age grande productrice de tissus. Dans le Delta, de nombreuses villes, comme Damiette, Tinnîs ou Dabîq, se consacrent au travail du lin ; dans le sud, le Fayoum et la Haute-Egypte se spécialisent dans le tissage de la laine. Intégrée au domaine islamique, l’Egypte reçoit le coton de Syrie, la soie de Perse et de nouvelles teintures, comme le kermès, la cochenille ou la laque indienne. L’indigo est acclimaté ; l’or du Ghana permet la fabrication des fils précieux.
Cette production, déclinante sous les Mamelouks par suite du monopole d’état imposé par le sultan Qa’itbey, connaît ses plus belles heures sous le règne des Fatimides (969-1171). La technique de la toile de lin à insertion de tapisseries, héritée de l’époque chrétienne, atteint alors une délicatesse inégalée. Les toiles ont la finesse de la gaze, les parties en tapisserie s’animent de soies et d’or et se multiplient pour former des décors tapissants.

Retour | Suite



 Image : DR
 copyright © 2002 Institut du Monde Arabe, Paris.