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Le royaume de Kerma est, en fait, la seule culture nubienne qui ait été détruite par l'Égypte à l'occasion d'une campagne militaire. Au cours de la Seconde Période intermédiaire, les souverains étrangers de la dynastie Hyksos, résidant dans le Delta, avaient recherché l'alliance des princes de Kerma. Les communications avaient été interceptées par le roi égyptien Kamosis, qui avait fait échouer l'affaire. Une fois les Hyksos chassés du Nord de l'Égypte, la reconquête du Sud commença au début de la XVIIIe Dynastie (vers 1500 av. J.-C.). En Basse Nubie, les forteresses du Moyen Empire furent restaurées et agrandies, et d'importantes colonies d'Égyptiens s'y installèrent, vivant dans un certain bien-être, à en juger par le matériel funéraire précieux que l'on a exhumé, sous la forme d'armes et d'ustensiles. À côté d'importations égyptiennes, on relève des pièces de production locale, dont certaines statues d'un style résolument provincial. Tous les pharaons de la XVIIIe Dynastie ont déployé une grande activité de bâtisseur de temple en Nubie ; l'ensemble le plus impressionnant a été édifié à Soleb, sous Aménophis III (vers 1360 av. J.-C.). C'est de ce sanctuaire que viennent les sculptures monumentales du bélier et de la divinité serpent qui ont été ensuite emportées à Djébel Barkal. Les travaux étaient placés sous la responsabilité du « fils royal de Kouch », haut fonctionnaire issu de l'entourage immédiat du Pharaon. Sous la XIXe Dynastie surgirent les temples rupestres de Ramsès II (1279-1212 av. J.-C.), dont les plus illustres sont les deux sanctuaires d'Abou Simbel. Mais d'autres souverains de l'époque des Ramessides se signalent par leurs activités de bâtisseurs en Nubie. Sous la XXe Dynastie, cependant, la présence égyptienne locale se réduit en raison de difficultés politiques et de troubles intérieurs. Au cours de la Troisième Période intermédiaire (1075-745 av. J.-C.), tout contact semble interrompu entre l'Égypte et la Nubie. |
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