Les relations commerciales entre l'Égypte protohistorique et la culture du groupe A sont bien attestées. Avec l'aube des temps dynastiques, vers 3000 av. J.-C., commencent des affrontements militaires qui entraînèrent, lors des apogées de l'Égypte pharaonique, sous les trois Empires successifs, une domination temporaire de l'Égypte sur la Nubie. En revanche, au cours des Périodes intermédiaires séparant les Empires, l'Égypte se retira du pays et les cultures nubiennes profitèrent de leur autonomie retrouvée pour prospérer.

La première indication d'opérations militaires se trouve dans une petite plaque commémorative du roi Aha (Ière Dynastie), qui mentionne une victoire sur la Nubie (« Ta-séti »). Sous le règne de son successeur Djer, une troupe égyptienne a déjà atteint la IIe Cataracte, comme l'atteste une inscription hiéroglyphique du Djébel Soleïman. D'autres documents nous informent des entreprises guerrières qui interviennent aussi sous la IIe Dynastie. Il ne s'agit pas encore, pour l'Égypte, d'une colonisation planifiée de la Nubie, mais le groupe A a bel et bien perdu le contrôle sur les échanges avec le coeur de l'Afrique.

Sous l'Ancien Empire (2700-2250 av. J.-C.) commence le temps des grandes expéditions vers le Sud ; un avant-poste égyptien est fondé à proximité du Wadi Halfa. Les annales du pharaon Snéfrou - la « pierre de Palerme » - mentionnent une razzia dont il rapporte 7000 prisonniers et un immense butin en bétail. On recherche aussi les pierres des carrières voisines de Tochkeh, où l'on extrait de la diorite à partir du règne de Khéops. À la VIe Dynastie, le général Ouni conduit une expédition en Nubie, qui rapporte de ces carrières lointaines la cuve du sarcophage pour le pharaon Mérenrê. Un canal est creusé à cette occasion, pour franchir la Ière Cataracte. Enfin, dans une longue inscription qui orne son tombeau, le prince chargé du secteur - Herkhouf, d'Éléphantine - relate plusieurs expéditions jusqu'au lointain pays de « Yam » (probablement le bassin de Dongola), d'où il faut 3000 ânes pour rapporter le butin razzié, accompagné d'un nain pour la cour du roi Pépi II.

Dès l'Ancien Empire, on identifie dans l'art égyptien un style « nubien » acclimaté en Haute-Égypte (figure en « marche suspendue »), caractérisé par une grande robustesse corporelle et des proportions ramassées. Ce canon sera ensuite typique des statues et reliefs fabriqués en Nubie, et marquera également la représentation des Nubiens dans l'art égyptien.





Image : Jürgen Liepe
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