Les sites de la culture du groupe A, entre le Ière et la IIe Cataracte, ont été repris ensuite par celle du groupe C. Le groupe B, dont Reisner avait cru pouvoir établir l'existence entre les deux ensembles, s'est avéré être une version appauvrie du groupe A, et non une culture indépendante. La longue durée du groupe C - de 2300 à 1500 av. J.-C. - se répartit sur plusieurs phases. Elle commence vers 2300 av. J.-C., alors que l'Égypte de l'Ancien Empire commence à se retirer de la Nubie, en raison de problèmes de politique intérieure. La première phase court jusqu'en 1900 av. J.-C., époque à laquelle la Basse Nubie est de nouveau sous administration égyptienne, cette fois du Moyen Empire.

La deuxième phase de la culture du groupe C (1900-1600 av. J.-C.) constitue aussi son apogée. L'effacement de l'Égypte, au cours de la Deuxième Période intermédiaire, fut suivi par la multiplication et le dévelopmement des établissements indigènes. Les sépultures à tumulus reçoivent souvent une chapelle funéraire sur leur côté ouest. Le défunt est déposé sur un lit funèbre et l'on trouve, dans le mobilier funéraire, des figurines d'argile représentant des hommes et des animaux, surtout des bovidés.

Les formes de vase caractéristiques, pour cette céramique de très haute qualité, sont de petits bols hémisphériques et de profondes écuelles, décorés d'incisions. Les motifs de zigzags et de losange sont rehaussés d'un remplissage de pâte blanche et l'on trouve aussi des motifs de vannerie tressée. La céramique de luxe est polychrome. Les pots et les pichets de la céramique courante, un peu plus grossière, montrent à l'occasion des décors incisés de représentations figurées.

Parallèlement à la culture du groupe C se développe aussi la culture nubienne dite des Pan-Grave (« tombes en casserole »), ainsi dénommée en raison de la forme des fosses funéraires très simplifiées. C'est une culture nomade, comme l'indique une céramique plus simple et plus grossière. Les populations de cette culture, originaires du désert oriental, fournissaient de nombreux mercenaires aux armées égyptiennes, tout en gardant leurs modes d'inhumation même en terre égyptienne. Parmi les éléments typiques de leur mobilier funéraire figurent des cornes d'animaux, souvent peintes.





Image : Jürgen Liepe
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