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La conception égyptienne de l'univers est marquée par le concept de Maat, à la fois ordre du monde et justice immanente. Obtenir et maintenir l'équilibre de Maat est le devoir essentiel du Pharaon. L'autre grande obligation statutaire est la destruction du Mal, symbolisé par les ennemis de l'étranger. Mais si l'ennemi du Nord est sujet à changements (Syrien, Hittite ou Mitannien), celui du Sud reste toujours le même : c'est le Nubien. Celui-ci n'apparaît donc pas seulement dans le contexte des scènes traditionnelles de « triomphe sur l'ennemi », mais le motif de sa soumission s'intègre à de multiples objets des arts majeurs et mineurs : anses et embouts sous la forme d'un indigène entravé, éléments de mobilier, bases de statue, figurines. Le Nubien est également méprisé dans la littérature : le prince régnant du pays est toujours désigné sous une périphrase telle que « le misérable de Kouch ». Dans la stèle de Sésostris III, à Semna, il est dit des Nubiens que « ce ne sont pas des gens qui méritent le respect. Ils sont pitoyables et dépourvus de courage. » À ces formules de mépris correspond, dans les arts plastiques, une représentation ironique qui déforme la réalité en exagérant les caractéristiques négroïdes de l'ethnie nubienne. Parallèlement à ces représentations dictées par le dogme officiel, on relève toutefois, à l'occasion, de belles représentations de ce type ethnique correspondant, elles, à l'estime dans laquelle on tenait certains de ses représentants dans la société égyptienne : ce sont, par exemple, les contingents d'archers nubiens dans l'armée de Pharaon, dont la valeur est égale à celle des contingents égyptiens. Ce seront aussi les servantes, nourrices et autres domestiques, fort appréciés dans le personnel des maisons de l'élite, et souvent représentés sur des ustensiles de soins cosmétiques comme les miroirs, les palettes à fard et les manches de couteau. |
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