Pendant des millénaires, les cultures nubiennes ont renoncé à élaborer une écriture propre pour transcrire leur langue et sont restées anépigraphes. En raison de leur étroit contact avec l'Égypte, elles étaient familiarisées avec les multiples possibilités de l'écriture hiéroglyphique, qu'elles employaient pour les monuments de leur pays. Il faut attendre le IIe siècle av. J.-C. pour voir, dans le royaume de Méroé, des monuments écrits utilisant la langue locale et un système d'écriture qui lui soit propre.

Les signes d'écriture sont dérivés de l'égyptien ; il y a aussi bien des hiéroglyphes - rarement employés - qu'une écriture cursive, démarquée du démotique égyptien. En raison de sa structure, la langue méroïtique appartient aux langues agglutinantes (comme le turc et le hongrois, par exemple) et elle relève probablement du groupe des langues nilo-sahariennes que l'on parle aujourd'hui dans l'Est du Soudan et dans la haute vallée du Nil (par exemple le dinka et le masaï), et dont le nubien fait aussi partie.

La langue méroïtique n'est pas encore totalement déchiffrée. Les inscriptions historiques un peu longues ne sont traduites que partiellement ; les textes courts des stèles et des tables d'offrande, malgré leur structure formelle répétitive, ne sont connus que fragmentairement.





Image : Jürgen Liepe
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