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L'une des caractéristiques essentielles des cultures nubiennes, depuis le néolithique jusqu'à la période méroïtique, est la haute qualité de la production céramique. Son autonomie s'exprime aussi bien dans les formes et dans le traitement de la surface que dans la décoration, qui trouve souvent une correspondance dans la céramique africaine, confirmant du même coup que les racines de la Nubie se trouvent en Afrique noire. Les pièces d'époque néolithique révèlent, dès la fin du Ve et le début du IVe millénaire av. J.-C., un niveau technique et artistique qui n'a pas d'équivalent en Égypte. La forme parfaite de la céramique néolithique et son accentuation par la décoration de la surface se retrouvent dans la céramique du groupe A et du groupe C. La sculpture, le bas-relief et la peinture sont déjà parvenus à la perfection en Égypte, alors que la céramique n'est fabriquée que pour les besoins quotidiens. En Nubie, au contraire, la céramique reste le vecteur d'expression artistique favori. À Kerma, la création atteint, dans la céramique, une insurpassable perfection. Les calices campaniformes et les vases à bec, dans leur forme comme dans leur décor de surface, ont une plasticité qui fait d'eux de véritables sculptures abstraites. Lors de la période napatéenne, qui englobe la phase de domination kouchite sur l'Égypte, comme sous la domination égyptienne, la qualité de la production céramique baisse sensiblement. Toutefois, avec l'époque méroïtique et sans longue période de développement, elle retrouve un haut niveau. On peut alors identifier des centres de production et des ateliers, voire la « signature » de certains peintres de vase. Le répertoire décoratif utilise des symboles égyptiens et des motifs végétaux, mais l'on reconnaît aussi des influences hellénistiques, tandis que se développe, parallèlement, un langage iconographique d'une grande originalité qui permet d'identifier une céramique méroïtique du premier coup d'oeil. |
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