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Parmi les visiteurs de Méroé, dans les premières décennies du XIXe siècle, se trouvaient aussi des aventuriers et des chercheurs de trésor, attirés par les légendes que l'on colportait alors sur le fabuleux « or de Méroé ». On relève, dans leur nombre, un médecin venu de Bologne, Giuseppe Ferlini, arrivé au Soudan avec les troupes de Méhémet-Ali, et qui alla visiter Méroé une fois fini son temps d'armée, en 1834. Pour parvenir jujsqu'aux trésors supposés, il fit démonter une des pyramides les mieux conservées - celle de la reine Amanichakhéto - en commençant par la pointe. À en croire son récit, il trouva dans une petite chambre, au coeur de la maçonnerie, un trésor intact, dans une écuelle de bronze enveloppée d'un tissu. Craignant pour sa vie, Ferlini quitta rapidement Méroé, avec l'or, et revint en Europe. Il publia sa trouvaille dans une petite plaquette, en 1837, et la proposa à la vente - n'éveillant d'abord que la méfiance. C'est que l'on n'avait jamais rien vu de tel, et il fallut quelque temps pour que Louis Ier de Bavière se décidât à faire acheter une partie des pièces pour son Antiquarium ; la seconde partie resta longtemps sans acquéreur. En 1844, en arrivant à Méroé à la tête de l'expédition royale prussienne, Richard Lepsius établit scientifiquement l'authenticité des pièces. Il télégraphia aussitôt à Berlin et recommanda au roi Frédéric Guillaume IV d'acheter la seconde partie du trésor de Ferlini ; le souverain suivit le conseil de son archéologue. Lepsius rapporta aussi avec lui deux blocs de relief détachés du pylône de la pyramide. Jusqu'à ce jour, les parures de la reine Amanichakhéto étaient restées divisées entre les musées égyptiens de Munich et de Berlin, quelques éléments ayant été perdus à Berlin peu de temps après la Seconde Guerre mondiale ; elles sont réunies ici pour la première fois. Au début des années vingt de ce siècle, les fouilles archéologiques ont livré d'autres éléments de parure, isolés, dans plusieurs chambres des monuments funéraires de Méroé. Partagés aujourd'hui entre les musées de Khartoum et de Boston, ils ont été, eux aussi, rassemblés pour la durée de l'exposition. Les plus récentes recherches sur l'architecture des pyramides méroïtiques et sur leur technique de construction laissent planer quelque doute sur les récits de Ferlini quant à la localisation du « trésor d'Amanichakhéto ». Il est plus que probable qu'il ne l'a pas découvert dans la masse de maçonnerie de la pyramide, mais dans la chambre funéraire souterraine - comme on pouvait s'y attendre d'après les usages courants. |
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