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Vingt et un artistes arabes photographiant leur propre monde : dores et déjà cette exposition fait date, en cela quelle diffère considérablement de la plupart des manifestations consacrées elles aussi à la représentation photographique du monde arabe contemporain, par le nombre des créateurs quelle rassemble, dune part, mais surtout, et dautre part, par la nationalité de ceux-ci qui, tous, sont Arabes. (Certains n'ont pas quitté leur pays ; d'autres sen sont éloignés puis y sont revenus ; certains mêmes en sont partis, emportant avec eux le pays natal ; d'autres encore, nés à lextérieur du monde arabe, sont restés liés indéfectiblement à leurs origines.).
Notre univers médiatique est saturé dimages prises par des photographes occidentaux. Cette tradition ethnocentriste remonte au XIXe siècle, depuis que des Européens souvent missionnés par leur gouvernement , armés dun appareil, se sont mis à traverser les mers pour tirer le portrait de peuples tout récemment soumis à leurs regards. Il va sagir de délaisser pour une fois ce regard unilatéral, pour emprunter une vue plus intime sur le monde arabe et adopter le regard de ceux-là mêmes qui lhabitent, qui le vivent au quotidien ou, parfois, au travers de leur mémoire.
Rivages et déserts, rues grouillantes de monde, de jour et de nuit, villages perdus, capitales animées, joies et deuils, êtres et choses : images de studio, images vidéo, photographies ne constituent pas seulement des documents sociologiques plus ou moins intéressants en fonction de la qualité du regard du photographe. Ce sont dabord, ce sont surtout des oeuvres dart, morceaux darchitecture optique extrêmement élaborés. Tirées en noir et blanc ou en couleurs, sur de grands ou de petits formats, photographies uniques ou composées en polyptyques, les images présentées dans lexposition ne sont emblématiques daucune école particulière, daucun courant ; ce sont autant de découvertes, dont chacune est singulière ; elles ne cherchent pas à affirmer une identité, elles sont lémanation de cette identité.
Au Xe siècle, le mathématicien Muhammad Ibn Al- Hassan Ibn Al-Haytham, connu aussi sous le nom dAlhazen, est le premier à décrire les propriétés du phénomène physique de la lumière et du sténopé, à lorigine de la chambre noire. Au-delà des questionnements quelles suscitent, les photographies de ces trente artistes arabes, permettent justement de rejoindre la terre dhistoire et de civilisation où ont été formulées les premières règles doptique qui allaient fonder cet art.


 

Tous les jours sauf le lundi, de 10 h à 18 h.
Salles dexpositions temporaires
Tarif : 3 €(plein) / 2 € (réduit)
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