On distingue quatre phases de développement à Aïn Ghazal, établissement néolithique découvert à proximité d'Amman :

- 7500 - 6700 av. J.C. : des familles restreintes vivent dans des maisons en pierre, au sol recouvert d'un enduit de chaux. Céréales, pois et lentilles sont cultivées ; élevage de caprins. Des outils de pierre sont élaborés - faucilles, pointes de projectiles pour la chasse... - sont fabriqués sur place. Des figurines animales (boeufs, alors non domestiqués) et humaines (hommes et femmes) ont peut-être un usage religieux. Des statues faites de chaux recouvrant des mannequins de roseaux signalent peut-être un culte des ancêtres, ce qui serait corroboré par l'existence de sépultures individuelles creusées sous le sol même des maisons.

- 6700 - 5700 av. J.C. : accroissement de la population - les maisons s'agrandissent, abritant plusieurs familles. De petits édifices à absides apparaissent, sans doute des temples. A partir de 6200 av. J.C., la population décline, l'élevage des ovins remplace celui des caprins. Domestication du boeuf et du porc. L'habitat est à nouveau constitué de petites maisons simples au sol de terre battue. Des murs de clôture déterminent des parcelles. Une rue pavée remonte la colline à partir de la rivière Zarqa. Le culte des ancêtres semble avoir disparu, et les sépultures sont associées à des fosses communes. Un grand temple avec deux salles porte témoignage de la séparation entre proanos et sanctuaires (autel), qui va caractériser la construction des temples du Moyent-Orient.

- 5700 - 4700 av. J.C. : apparition de l'artisanat de la poterie. Cette période, dite Yarmoukienne, voit la mise en place d'une complémentarité agriculteurs-éleveurs. Après 2300 ans d'exploitation, les sols sont épuisés, et la population permanente disparaît, faisant place aux nomades.


La conservation des statues néolithiques trouvées dans le site d'Aïn Ghazal

Ce sont des figurines humaines en plâtre, les unes en pied ou en buste, les autres représentant des visages, modelés sur des crânes. Ce dernier procédé semble avoir été fréquent, puisqu'on en trouve d'autres exemples dans la région (à Jéricho, par exemple). Du bitume décorait les yeux, et un pigment rouge, incorporé à la dernière couche de glaise, produisait une teinte rose. Ces figures ont fait l'objet d'une restauration au Smithsonian Institute de Washington.

Photographie :
Statues
Aïn Ghazal, VIIe mill.
Terre chaulée
Amman, Musée archéologique


Images : Arthur M. Sakler Gallery/John Stantes | P. Dorrell & S. Laidlaw
copyright © 1997 Institut du Monde Arabe, Paris.