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Bibliographie de Claudio Bravo |
Pays où le soleil se couche, le Maroc -- ou Maghreb en arabe -- tire sa beauté de lumières sublimes ; celles-là même qui charment le peintre chilien, Claudio Bravo, quand il découvre Tanger en 1971. Lexposition monographique que lui consacre lInstitut du monde arabe, rassemble une soixantaine de toiles orientalistes, emblématiques de son travail : hyperréalisme, palette coloriste, emprunts à la Renaissance italienne et au baroque espagnol. Luvre de Claudio Bravo doit sa singularité au parcours cosmopolite de son auteur qui, du Chili au Maroc en passant par New York, Madrid et Hong Kong, cultive une haute idée de laltérité et pose un certain regard sur la réalité. Il émigre en Espagne à 35 ans, pays dans lequel il étudie les toiles des grands maîtres du musée du Prado et acquiert une reconnaissance internationale en tant que portraitiste. Mais cest au Maroc quil installe définitivement son atelier, "fasciné par la composition des choses dans ce pays ( ), bouleversé par lutilisation des couleurs qui y est faite dans la vie de tous les jours." Un réaliste coloriste dans le monde arabe Claudio Bravo, qui affirme qu" un artiste peut être à la fois moderne et orientaliste ", se défend pourtant dune quelconque parenté avec les peintres orientalistes du XIXe siècle. Selon lui, même les plus grands créateurs du siècle conquérant, tels Delacroix ou Fromentin, accordèrent trop dattention à lanecdote et trop peu au sens pictural de leur travail. Or cest avant tout à travers lexploration des couleurs que Claudio Bravo construit son Orient : " Ici, au Maroc, confie-t-il, jai pu développer une palette peut-être égale en audace à celle des plus grands coloristes de lhistoire de lart ". Le sang de ce peintre chilien est celui dun colonisé ; Claudio Bravo ne pourra jamais porter sur ces terres arabe et musulmane, le regard complexé du colonisateur, quEdward W. Saïd dénonça, en son temps, dans son fameux essai sur lorientalisme. Ses toiles ne soutiennent aucun discours, ni moral ni politique ; son regard officie avec lobsession de représenter le monde tel quil est. La Méditerranée et les ruelles du quartier populaire de Marshan à Tanger, quil observe depuis les fenêtres de sa demeure et à qui il emprunte lumières et couleurs, restent ses muses suprêmes dans un univers quil comprend " de lintérieur ". LInstitut du monde arabe se devait de faire connaître un artiste passé à lOrient, et porteur dun regard éclairé sur un monde en mal de reconnaissance. Exposition organisée avec le concours de la Marlborough Gallery (New York) Tous les jours sauf le lundi, de 10 h à 18 h. Espaces d'exposition (niv. 1 & 2). Tarifs : 3 € (tarif plein) / 2 € (tarif réduit). Catalogue : Claudio Bravo, textes de Tahar Ben Jelloun et Edward J.Sullivan © Galerie Marlbourough/IMA, 2004, 15 € ![]() * Document PDF - 7,3 Mo Ce document est au format PDF Pour pouvoir le consulter, vous devez avoir préalablement installé Adobe Acrobat Reader dans votre navigateur. |
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