Repères biographiques

1934
Farid Belkahia est né en 1934 à Marrakech, mais passe son enfance à Amizmiz où son père tient un commerce. Très tôt initié à l’art par son père qui, francophone et francophile, fréquente assidûment les cercles qui se sont construits autour des artistes étrangers tels que Antoine, Olek et Jeannine Teslar, Nicolas de Staël. C’est dans l’atelier de Olek Teslar que Farid Belkahia fera son apprentissage de la peinture. À 15 ans, il y peint ses premières toiles qui constituent la genèse de ce que l’on nommera plus tard sa période expressionniste. L’enlèvement de Mohammed V en 1954 l’incite à donner à ses œuvres un élan engagé. Un an plus tard, il quitte le Maroc pour Paris où – grâce à l’intervention d’un ami de son père – il est reçu par François Mauriac qui lui procure un logement à l’Institut catholique de la rue Madame ; il s’inscrit aux Beaux-Arts où il parachèvera l’apprentissage de son art dans les ateliers de Brianchon et Legueult.

1959
Dès sa sortie des Beaux-Arts en 1959, poussé par la curiosité et le désir de comprendre le communisme, il s’établit à Prague où il suit des cours de scénographie à l’académie de Théâtre de Prague. C’est à cette époque que l’œuvre de Farid Belkahia atteint le stade de la maturité. L’obsession du cercle et de la flèche apparaît déjà comme une sorte d'alphabet personnel qui fonctionnera comme un repère nécessaire à l’expression d’une conception particulière de l’être. C’est également à cette période qu’apparaît son intérêt pour la violence humaine. Cette préoccupation pour la douleur ne le quittera plus. Il sera très vivement marqué par la visite d’Auschwitz en 1955, mais aussi par la pression qu’exerce le régime communiste à Prague.

1962
En 1962, Mahjoub Benseddik, alors secrétaire général de l’Union marocaine des travailleurs, le sollicite pour prendre la direction de l’Ecole des Beaux-Arts de Casablanca. Poste qu’il honorera jusqu’en 1974. Soucieux de rénover le concept même de l’art et de son enseignement, il s’entoure d’une équipe de pionniers tels que Mohammad Melihi, Mohammad Chebaa, Hamidi et Hafid qui dirigent les ateliers de peinture. Tony Maraini enseigne l’histoire de l’art, Bert Flint se charge de l’enseignement de l’histoire des arts populaires au Maroc et Jacques Azéma dirige l’atelier de dessin. Farid Belkahia instaure un enseignement plus adapté à sa culture et plus spécifique à la réalité historique de son pays. Son grand intérêt pour la mémoire et le cheminement de l’homme à travers la tradition lui dicte très vite de créer des ateliers pour l’enseignement de l’histoire de l’artisanat marocain, du travail du tapis, du bijou à la céramique. " La modernité, ne cessera-t-il de répéter, n'est perceptible, qu'à partir d'une assimilation des valeurs anciennes ". Toujours soucieux d’offrir aux élèves de l’Ecole une approche internationale de la connaissance et de la création artistique, il reçoit des artistes tels que Dimitrienko, César et Lurçat. Il consacre alors beaucoup de temps à l'enseignement et abandonne le travail de l'huile sur papier et réoriente son travail. Un long voyage au sein de la matière voit le jour et continue encore aujourd’hui à figurer parmi les enjeux importants de cet œuvre. Cependant jamais il n’abandonne le dessin sur papier. Outre les nombreux carnets de dessin qu’il accumule, c’est toujours sur papier qu’il effectue ses maquettes. Le dessin dont il dit qu’ "il est à la peinture ce que le mot est à la poésie", constitue pour lui le véritable laboratoire de son imagination.

1965
La carrière de Farid Belkahia est marquée par ses voyages. En 1965, il part pour Milan où il suit les cours de l’Académie Brera. Il vit à Monza et rencontre des peintres tels que Castellani et Kounelis ainsi que Bonalumi et Fontana. En 1972, il est invité aux États-Unis par le State Department où il est impressionné par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et par les différents musées et institutions d’art. En 1974, il démissionne de l’école des Beaux-Arts de Casablanca. En 1978, il se rend en Chine. Influencé par un article de Jean Lacouture paru dans Le Monde sur le Transsibérien, il l’emprunte pour le retour.

1990
En 1990, il épouse l’écrivain Rajae Benchemsi et en 1993 naît sa fille Fanou. Farid Belkahia vit et travaille actuellement à Marrakech.





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