Les fondements de la «civilisation des Deux Mers» — qui s’est développée grâce à la conjonction d’exceptionnelles conditions d’environnement, d’une position commerciale stratégique et du très grand esprit d’entreprise de ses habitants — n’ont pas disparu après Tylos.

Pendant l’islam, Bahreïn est ainsi resté un lieu de rencontre et d’échanges. De l’époque médiévale islamique, l’archipel a livré des témoignages attestant des contacts jusqu’en Chine et l’on sait l‘intérêt majeur que lui ont porté les Portugais au 16e siècle.

Pendant la Renaissance et l’époque moderne européenne, Bahreïn est régulièrement mentionné pour ses perles de qualité qui attirent marchands et marins.

De nos jours enfin, en dépit même de ses ressources en eau qui s’épuisent rapidement, Bahreïn est toujours une place incontournable du commerce moyen-oriental. L’archipel est non seulement devenu une zone franche qui attire banques, compagnies d’assurances et sociétés de négoce. Bahreïn développe plus que jamais sa vocation millénaire de plate-forme de redistribution des biens et des produits grâce à son port en eau profonde, son aéroport international, et le pont-digue qui désormais la relie à la côte d’Arabie.

Les nouveaux marchands de Dilmoun sont animés du même esprit d’entreprise que celui de leurs prédécesseurs: présents dans le Golfe et l’Océan Indien depuis plus de cinq millénaires, ils ont toujours su s’adapter à tous les changements et à toutes les évolutions. Ils savent exploiter les ressources que leur offre leur archipel, ou qui y parviennent : le cuivre, le bois précieux ou l’étain ont été successivement remplacés par les perles, puis le pétrole, et aujourd’hui le gaz... Les nouveaux Dilmouniens réussissent même l’exploit de développer depuis 25 ans, grâce à cette dernière source d’énergie, l’une des plus grosses usines d’aluminium au monde : peut-être le nouveau «cuivre de Dilmoun»... Même le principal atout de l’archipel, l’eau douce de la «deuxième mer», est aujourd’hui embouteillé et commercialisé (symboliquement ?) sous les marques évocatrices de Dilmun et de Tylos...



 

 


Image : Pierre Lombard
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