Ernst Jünger, Agadir,1977.



Succédant non sans logique à celui du désert, l’Appel de l’oubli vient clore la série. C’est le groupe le plus étroit : sous ce label ne sont associés que quatre écrivains. Le seul aussi à ne comprendre aucun auteur mineur…

Roland Barthes, Samuel Beckett, Jean Genet, Ernst Jünger : « Le Maroc, pour ces quatre auteurs a peu investi l’œuvre, mais beaucoup, à un moment donné, la vie elle-même », écrit Abdeljalil Lahjomri auquel a été confié la présentation de cet appel ultime.

Tâche assez improbable, voire paradoxale, que celle consistant à réunir quatre auteurs pour la raison qu’ils ont, chacun, aimé le Maroc mais que celui-ci n’apparaît pas dans leurs livres… Le Maroc, poursuit Abdeljalil Lahjomri, a joué dans leur vie « le rôle d’un reposoir », ils s’y sont rendus « pour s’arrêter, s’agenouiller, s’abîmer dans un oubli momentanné, avant que le tourbillon de la vie ou de la création ne vienne s’imposer et reprendre ses droits ».

Quelles qu’aient pu être en définitive les motivations des écrivains, quelles qu’aient pu être les raisons qui les ont poussés, et les poussent encore, à venir au Maroc, on ne peut être qu’impressionné – au-delà de la multiplicité des découvertes et des anecdotes présentées dans l’exposition, de nature à surprendre le plus cultivé des connaisseurs du Maroc « littéraire » – par le nombre et la qualité de ces auteurs. Les rassembler, comme on l’a fait dans ce cadre, autour de leur passion commune pour le Maroc, constitue sans doute l’un des plus beaux et des plus forts hommages qu’il soit possible de rendre au génie propre de cet extraordinaire pays.


Image : François Lagarde
 copyright © 1999 Institut du Monde Arabe, Paris.