Tombe de Jean Genet à Larache.



Ainsi, les écrivains recensés au titre de l’Appel du désert – d’Isabelle Eberhardt à Antoine de Saint-Exupéry, de Joseph Kessel à Jean-Marie G. Le Clézio – , pour absolument différents qu’ils soient, bien sûr, les uns des autres, n’en constituent pas moins un bloc non dénué de cohérence, ayant en commun tout un ensemble de traits : personnalité tout d’une pièce, nature forte, caractère ombrageux, voire taciturne, goût au secret, du dépassement de soi. « Aller au désert, c’est mieux voir ce qui d’emblée est visible », écrit justement Christian Jambet. Qu’ils soient anachorètes ou romanciers, c’est certainement ce surcroît de visibilité qui incite les hommes à répondre à cet appel-là… Comme si, après ceux-là qui venaient dans les villes pour s’y perdre, ceux-ci accouraient au désert pour s’y trouver eux-mêmes.


Image : Gérard Rondeau / Agence Vu
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