Paul Bowles, Tanger, 1992.



Vient ensuite l’Appel de Tanger ; c’est là qu’on trouve répertorié le plus grand nombre d’écrivains ; là que figurent, sans doute, les plus grands noms. Auteur notamment d’un Tanger et autres Maroc, Daniel Rondeau s’est chargé lui-même d’en faire la présentation.

« Pendant des années, il y avait toujours eu un paquebot qui chauffait à New-York en partance pour Tanger. Ils l’avaient tous pris : Paul et Jane Bowles, Truman Capote, Gore Vidal, Jack Kerouac, Bill Burroughs, Brion Gysin, Tennessee Williams. Le premier à faire la ligne New-York-Tanger fut Paul Bowles. Venu pour un été, il est resté toute une vie » ; c’est avec une évidente nostalgie que Rondeau évoque cette période de l’immédiat après-guerre à Tanger, quand « les marchands, les mangeurs de feu, les trafiquants de pierres précieuses et les banquiers sont indiens ou pakistanais, les antiquaires et les maçons sont espagnols, les viveurs et les patissiers viennent de France, les aristocrates, les espions et les gangsters du Royaume Uni, les écrivains pour la plupart des Etats Unis ».

« Ces exilés fuient un monde miné par l’argent ou la pauvreté, les habitudes, les convenances ou les erreurs passées. Ils trouvent à Tanger, et principalement les Américains – ceux qu’on ne nomme pas encore les héros de la beat génération – une douceur de vivre qui les étonne, un special blend d’Europe et d’Orient, avec un zeste d’Ancien régime et tous les accessoires de l’extase ou de la tragédie », écrit encore Daniel Rondeau.


Image : Jellel Gasteli
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