| Du réformisme aux indépendances | |
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Réformisme et intégrisme Islamiques
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| Les réformismes |
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L'état de décadence avancée de l'Empire ottoman était déjà patent depuis le début du XIXe siècle. Inauguré par la campagne de Bonaparte en Égypte, le siècle allait être marqué par le rétrécissement du domaine impérial ottoman comme peau de chagrin, et le dépeçage du reste de l'Empire entre zones d'influence des puissances européennes. Le creusement de l'écart économique et son corollaire militaire, entre une Europe occidentale et centrale en pleine industrialisation et un Empire ottoman enfoncé dans son arriération séculaire, allait naturellement susciter des tentations et des tentatives de réforme dans le vaste territoire de l'héritage ottoman. Au cœur même de l'Empire, la tentative réformatrice précoce du sultan Selim III (1789-1807) se solda par un échec cuisant. Cependant, après le court règne de Mustafa IV (1807-1808), Mahmud II allait s'atteler à la difficile tâche de réformer un État et une société profondément conservateurs. Le principal effort au cours de son règne porta sur l'armée, mais il mourut en 1839 quelques jours après la déroute de ses forces face à celles que dirigeait Ibrahim, le fils du pacha d'Égypte, Muhammad ‘Ali. Ce chef du corps albanais dépêché en Égypte par Selim III pour combattre Bonaparte, s'était installé au pouvoir au Caire en 1805. Ses longues années de pouvoir allait être marquées par les réformes économiques les plus audacieuses dans cette partie du monde au XIXe siècle. Muhammad ‘Ali s'efforça d'impulser la modernisation de l'agriculture et l'industrialisation de l'Égypte, en prenant l'Europe pour modèle. Il sera considéré par les générations futures comme l'initiateur de toutes les tendances modernistes ultérieures en Égypte et dans le monde arabe, le précurseur du réformisme, du nationalisme et de la " renaissance " arabe, la Nahda. La postérité de Muhammad ‘Ali (Mehmet Ali), qui régna en Égypte de 1849 jusqu'au renversement de la monarchie en 1952, ne sut pas poursuivre l'œuvre du fondateur de la dynastie avec la même hardiesse. Le pays tomba sous une dépendance économique et financière croissante envers l'Angleterre, avant d'être soumis à la domination britannique directe à partir de 1882. En Tunisie, une autre expérience réformatrice fut inaugurée sous le règne du bey Ahmad (1837-1855). Ahmad Bey abolit l'esclavage et affranchit les juifs des restrictions économiques qui pesaient sur eux. Son principal effort porta sur la modernisation de l'armée et de l'administration. Ses successeurs, Muhammad Bey (1855-1859) et Muhammad al-Sâdiq (1859-1882), continuèrent sur cette même voie. Ce dernier promulgua, en 1861, les premières lois constitutionnelles du monde arabe avec la création d'un conseil législatif. Cependant, la modernisation de l'administration et de l'économie fut un échec, malgré les efforts du ministre réformateur Khayr-al-Dîn. La décadence économique du pays ouvrit la voie à la domination française directe, à partir de 1881 (traité du Bardo). Au cœur de l'empire ottoman, la politique réformatrice de Mahmud II allait être poursuivie et amplifiée par son successeur, Abdul-Medjîd (Abdülmecid, 1839-1861). Ce fut l'ère des tanzimât, réformes libérales dans les domaines législatif, administratif et scolaire, ainsi qu'en ce qui concerne le statut des minorités. La plus importante de ces réformes fut promulguée en 1856, sous la pression des puissances européennes. L'empire subissait parallèlement coup sur coup, perdant progressivement des pans entiers de son vaste domaine. Sous le règne du successeur d'Abdul-Medjîd, Abdul-Aziz (Abdülaziz, 1861-1876), la crise monétaire de l'État et les soulèvements dans les Balkans, qui s'y ajoutèrent, entraînèrent la déposition du sultan par Midhat Pacha, fondateur en 1868 du mouvement réformateur des Jeunes-Turcs. Celui-ci imposa au sultan Abdul-Hamîd II (Abdülhamid, 1876-1909) la promulgation, à son avènement en 1876, d'une constitution copiée sur celle de la Belgique, prévoyant la formation d'un parlement et l'octroi de libertés politiques. Toutefois, le nouveau sultan, confronté au démembrement de l'empire et à la banqueroute de l'État, ne tarda pas à suspendre la constitution et à éloigner Midhat Pacha. Dès 1878, il instaura un régime absolutiste et persécuta les réformistes et les nationalistes des minorités et peuples dominés, au nom d'un panIslamisme fanatique, doublé d'une politique de " turquisation ". Abdul-Hamîd II fut contraint en 1908, par le pronunciamiento des officiers Jeunes-Turcs liés à la franc-maçonnerie européenne, à remettre en vigueur la constitution de 1876, puis à abdiquer en 1909. |
| Réformisme et intégrisme Islamiques |
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Dans le monde arabe, soumis de façon croissante à la domination occidentale dans sa partie africaine et dans la péninsule arabique, ainsi qu'à la tyrannie turcophone d'Abdul-Hamîd II dans sa partie proche-orientale, l'Égypte, pays charnière, continuera à indiquer la voie, celle d'une combinaison du réformisme, du nationalisme et de l'Islam. C'est surtout en réaction à la supériorité et à la domination de l'Occident chrétien que ce syncrétisme eut lieu : pour relever le défi de l'Occident, il fallait réformer la société et l'Islam lui-même, avilis par la domination ottomane. La première grande figure de ce syncrétisme fut paradoxalement un Iranien chi‘ite, Jamâl al-Dîn al-Afghâni (1839-1897), qui s'établit au Caire en 1871. Al-Afghâni prônait un aggiornamento radical de l'Islam, dans le sens d'une modernisation s'inspirant de l'Occident, tout en s'affranchissant de sa domination. Il prônait également l'unification des peuples Islamiques et leur affranchissement de l'absolutisme. Il eut pour principal disciple, l'Égyptien Muhammad ‘Abduh (1849-1905), qui s'attellera à la tâche de réaliser cet aggiornamento de la religion Islamique au cours des dernières années de sa vie. Les deux hommes furent expulsés d'Égypte, al-Afghâni en 1879 et ‘Abduh en 1882, sous la pression des Britanniques, pour leurs liens avec les milieux nationalistes et réformistes libéraux. L'Égypte connaissait alors une vague de luttes anti-occidentales, qui allait culminer avec l'accès au pouvoir du colonel ‘Arâbi Pacha. S'appuyant sur l'armée et soutenu par les ulémas, celui-ci imposa la création d'un parlement et obtint le ministère de la guerre en 1881. Il tenta d'interdire l'accès d'Alexandrie aux flottes britannique et française, mais fut renversé par l'intervention des troupes anglaises en 1882. A Paris, al-Afghâni et ‘Abduh fondèrent une société Islamique et une revue du nom de al-‘urwat al-wuthqa, qu'ils traduisirent par " le Lien Indissoluble ". ‘Abduh désavouera toutefois son maître, lorsque celui-ci retournera à Istanbul en 1892, à l'invitation du sultan Abdul-Hamîd II. Rentré en Égypte en 1889, le cheikh égyptien fut nommé mufti de l'État et remplit cette fonction jusqu'à sa mort. Par ses fatwas audacieuses et son œuvre théologique majeure, Rissâlat al-Tawhîd (1897), Muhammad ‘Abduh restera dans l'histoire comme le plus grand réformateur de l'Islam de l'époque moderne et la figure de proue de la " renaissance " arabe, la Nahda. Le réformisme de Muhammad ‘Abduh prônait un retour à l'inspiration créatrice et progressiste de l'Islam des premiers temps, d'où sa désignation par le terme de salafiyya (de salaf, ancêtres). Ce retour fut interprété dans le sens d'une adhésion stricte à l'Islam des origines par Rachîd Ridha : collaborateur de cheikh ‘Abduh durant les huit dernières années de sa vie, Ridha se présenta comme le continuateur de son œuvre après sa mort. Il fut, en fait, le principal représentant de la tendance conservatrice parmi les disciples de Muhammad ‘Abduh. Adhérant au rigorisme hanbalite, il se lia au wahhabites et à la monarchie saoudienne. Ridha présenta la chûra, conçue comme assemblée des ulémas, comme l'équivalent Islamique de la démocratie parlementaire. Il défendit l'institution du califat. Ses conceptions inspireront l'Égyptien Hassan al-Banna (1906-1949), fondateur en 1928 du mouvement des Frères musulmans (al-Ikhwân al-Muslimûn). Cette organisation, prônant le " retour à l'Islam " et l'application intégrale de la religion comme solution à tous les maux sociaux, connut une progression fulgurante au cours des années trente et quarante, atteignant un demi-million d'adhérents en Égypte, et s'étendant à la Syrie et à d'autres pays arabes. S'affirmant dans la lutte contre la domination occidentale, puis contre le sionisme, ainsi que dans la dénonciation de l'injustice sociale et de la monarchie, les Frères musulmans remplirent le vide laissé par la faiblesse de la gauche égyptienne sur le terrain social et la pusillanimité du nationalisme libéral sur le terrain national. L'avènement du nassérisme, qui les réprima à partir de 1954, provoqua un profond reflux des Frères musulmans. Les terrains national et social furent fortement investis par la radicalisation du régime nassérien et de la mouvance nationaliste arabe dans son sillage. L'éclipse de l'intégrisme Islamique, dorénavant identifié principalement avec la monarchie saoudienne, se prolongea jusqu'à la chute du nassérisme. Puis il renaîtra de ses cendres, se diversifiera et se radicalisera, dans les années quatre-vingt, sous l'impact de la révolution iranienne. |
| Les nationalismes |
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Dans le syncrétisme du réformisme, du nationalisme et de l'Islam, qui va caractériser le pendant politique de la Nahda, le dosage entre les trois composantes variera considérablement selon les cas. Toutefois, même entre le musulman syrien ‘Abd al-Rahmân al-Kawâkibi (1849-1902), prônant le retour du califat aux Arabes, et le chrétien syrien Negib Azoury (Nâjib ‘Azûri, m.1916), appelant à la création de deux États arabes, l'un d'Arabie et l'autre du Croissant fertile, il y a une convergence sur le terrain d'un nationalisme arabe encore confus face aux Turcs et dans la volonté de séparer le spirituel du temporel, le calife devant être, pour les musulmans, l'équivalent du pape pour les catholiques, selon al-Kawâkibi. La Première Guerre mondiale acheva le démembrement de l'empire ottoman. L'occupation d'Istanbul en 1920 par les alliés signala la fin du sultanat. La République turque fut proclamée en 1923, sous la direction du nationaliste Mustafa Kemal Pacha qui sauva la Turquie dans ses frontières actuelles du dépècement et de la soumission directe aux alliés. L'année suivante, le califat fut aboli à son tour. Mustafa Kemal, dit Kemal Atatürk, présida son pays jusqu'à sa mort en 1938. Il instaura un régime dictatorial, qui s'efforça de réformer, d'occidentaliser et de laïciser la Turquie par des méthodes autoritaires. L'impact de son exemple sur les nationalistes du monde arabe fut limité par la hardiesse brutale de sa politique antireligieuse et les aspects anti-arabes de sa politique d'occidentalisation et de " turquisation ", dont le remplacement des caractères arabes par les caractères latins pour la langue turque fut le symbole le plus éclatant. De tous les dirigeants arabes, c'est le président tunisien Habib Bourguiba (1957-1987) qui sera le plus marqué par l'exemple de Mustafa Kemal. Le fondateur du parti Wafd égyptien, Sa‘d Zaghlûl (1860-1927), figure de proue de la nouvelle phase du nationalisme égyptien, moderniste et libéral, de la fin de la Première Guerre mondiale à la fin de la Seconde, était un disciple modéré de Muhammad ‘Abduh. Né de la revendication de l'indépendance de l'Égypte, formulée en 1918, juste après l'armistice, et pour laquelle une délégation (wafd) avait tenté de se rendre à la Conférence de la paix à Versailles, le parti de Sa‘d Zaghlûl allait entretenir des rapports mouvementés avec la monarchie égyptienne, après la fin officielle du protectorat britannique en 1922. Le Wafd alternera passages au gouvernement et dans l'opposition, sur fond de conflit avec les Britanniques, toujours dominants dans une Égypte qui n'était, même officiellement, que très peu indépendante, la défense et les affaires étrangères étant du ressort de la Grande-Bretagne. Le Wafd s'illustrera dans l'arène électorale, remportant la majorité à plusieurs reprises, à une époque où l'Égypte connaissait un parlementarisme contrôlé, mais néanmoins réel. Toutefois, la modération des actions du parti face à la monarchie et à la Grande-Bretagne le discrédita, à un moment où le nationalisme égyptien se trouvait fortement exacerbé par le conflit avec Londres au sujet du Soudan, revendiqué par l'Égypte. C'est dans ce contexte, marqué par les émeutes et l'incendie du Caire en janvier 1952, que, sept mois plus tard, le 23 juillet, un groupe putschiste, l'organisation des Officiers libres dirigée par le colonel Jamâl Abdel-Nâsser, renversa le roi Fârûq et plaça le général Muhammad Naguib à la tête du gouvernement, inaugurant une troisième phase du nationalisme égyptien. Celui-ci allait connaître de façon croissante, et sous la direction exclusive de Nâsser à partir de 1954, une radicalisation politique, anti-impérialiste, panarabiste et sociale, voire socialiste. Bien que précédé par la Syrie indépendante sur la voie des putschs militaires (putsch du colonel Husni al-Za‘îm, en 1949), le coup d'État républicain égyptien, ainsi que les pratiques sociales, économiques et politiques du nassérisme, allaient devenir un modèle qu'imiteront des expériences similaires dans plusieurs pays arabes : Syrie, Irak, Yémen, Algérie, Libye et Soudan. Mais auparavant, le nationalisme libéral du Wafd de Sa‘d Zaghlûl, représentant les milieux urbains aisés et agissant principalement sur le terrain électoral et parlementaire, avait lui-même connu des émules dans plusieurs pays arabes, dans la phase des luttes pour l'indépendance. En Syrie, l'équivalent du Wafd fut le Bloc national (al-Kutla al-Wataniyya), dont les personnalités les plus marquantes à sa fondation, en 1928, furent Hâchem al-Atâssi et Jamîl Mardam Bey, puis dans les années quarante, Chukri al-Quwatli et Khâlid al-‘Azm. C'est à ce même courant qu'appartenait le Libanais sunnite, Riyâd al-Sulh, qui, avec le maronite Bichâra al-Khûri, dirigeant du Destour, allaient mener le pays à l'indépendance. En Irak, on peut classer dans la même catégorie le parti al-Ikhâ' al-Watani de Yasîn al-Hâchimi, Hikmat Suleimân, Rachîd ‘Ali al-Gailâni et Kâmil Chadirchi. En Tunisie, le mouvement nationaliste libéral fut dominé par le Néo-Destour à partir de sa création en 1933, sous la direction de Habib Bourguiba, qui s'imposa contre le secrétaire général du parti, Salâh ben Yûsuf. Au Maroc, le parti de l'Istiqlâl, issu de la fusion en 1943 de deux groupes dirigés respectivement par ‘Allâl al-Fâsi et Muhammad al-Wazzâni, est le représentant le plus illustre de la même tendance. En Algérie, c'est la figure de Farhât ‘Abbâs qui s'imposa dans cette catégorie depuis son célèbre Manifeste de 1943. |
| Panarabisme et socialisme |
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Parallèlement à ce nationalisme libéral et en concurrence avec lui, des tendances plus radicales allaient se développer avant même l'avènement du nassérisme. S'adressant aux couches moyennes et pauvres et combinant un discours nationaliste radical, à dominante panarabiste, et un réformisme social radical, à dominante socialiste, ce courant n'allait toutefois connaître son apogée que lorsque le nassérisme fut à son zénith. Mais celui-ci emprunta ses idées directrices à la matrice de ce nationalisme arabe radical, née dans le Croissant fertile. Sâti‘ al-Husri (1880-1969), né à Alep, était devenu ministre de l'Éducation en Syrie, en 1919-1920, sous le règne éphémère de Faysal 1er. Il suivit ce dernier en Irak, où il occupa le poste de directeur général de l'Éducation dans l'entre-deux-guerres. Al-Husri est considéré comme le théoricien le plus important du nationalisme arabe moderne, dans sa version la plus englobante couvrant l'ensemble des pays de langue arabe. C'est dans cette optique qu'al-Husri insista sur l'arabité de l'Égypte, contre Tâha Hussain, et sur le rôle dirigeant que ce pays devait assumer dans l'unification de la grande nation arabe, en raison de sa situation géographique, de sa taille et de son importance économique et culturelle. Sâti‘ al-Husri développa également une conception du panarabisme qui, tout en étant fondée sur la langue et l'histoire, et donc d'essence laïque, n'en intégrait pas moins l'Islam comme composante fondamentale de l'identité culturelle arabe. Cette conception moderne du nationalisme arabe et de ses rapports avec l'Islam sera reprise par le chrétien syrien, Michel ‘Aflaq (1910-1989), fondateur avec Salâh al-Dîn al-Bîtâr du parti de la résurrection arabe, al-Ba‘th al-‘Arabi, en 1940. En 1952, ce parti fusionna avec le parti socialiste arabe d'Akram al-Hurâni : l'organisation unifiée prit le nom de Hizb al-Ba‘ath al-‘Arabi al-Ichtirâki (parti de la résurrection arabe socialiste), parti panarabe dans ses conceptions et dans son extension organisationnelle. La fusion des deux organisations et des deux noms aura pour corollaire la fusion de la doctrine du nationalisme arabe, prônée par le Ba‘ath, avec une orientation socialiste, dont la radicalisation sera dictée par les impératifs de la concurrence avec les partis communistes arabes. Le rejet théorique du panarabisme par ces derniers était, en effet, d'autant plus efficace qu'il s'adossait à un marxisme officiel, attractif dans les milieux intellectuels et populaires auxquels les deux courants rivaux s'adressaient. Par la suite, les impératifs de cette même concurrence avec les communistes, à laquelle s'ajoutaient ceux de la concurrence avec le Ba‘ath, notamment à la suite de l'échec de l'unité syro-égyptienne de 1958, dissoute en 1961, tout comme les impératifs de la question sociale en Égypte et l'attraction du modèle soviétique de développement, tous ces facteurs pousseront Gamâl ‘Abdel-Nâsser dans la voie de cette même fusion du panarabisme et du socialisme. Cette orientation devint le courant idéologique dominant dans les mouvements populaires des pays arabes, au cours des années soixante. En plus du parti Ba‘ath, des organisations d'obédience nassérienne directe et des régimes politiques s'inspirant du nassérisme, dans les pays cités plus haut, ce courant idéologique influença des organisations telles que l'UNFP marocaine, le FLN algérien ou le Néo-Destour tunisien, devenu Parti socialiste destourien. Cette domination idéologique du panarabisme socialiste devait céder de plus en plus de terrain à la résurgence de l'intégrisme Islamique, à partir du début des années soixante-dix. |