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A loccasion de la publication de Gaza, la vie en cage (éditions du Seuil),
un ouvrage de photographies et de textes de Jerôme Equer et Hervé Kempf
En présence des auteurs et dElias Sanbar, historien
« Gaza et les impacts
de loccupation »

Légende Photo :
Jérôme Equer, Hervé Kempf et Elias Sanbar
Photo Thierry Rambaud © IMA
Il s'agissait de la présentation, par leurs auteurs, Jérôme Equer et Hervé Kempf, d'un livre de photographies sur la bande de Gaza. Comme l'a souligné Elias Sanbar, après la projection de ces images, ce livre est beaucoup plus qu'un simple recueil de photos, et celles-ci, par leur traitement sobre, en noir et blanc, de la réalité de Gaza, telle qu'elle s'offrait aux regards l'année dernière, telle qu'elle demeure aujourd'hui dans une large mesure, évitent soigneusement tout effet spectaculaire, ou au contraire, misérabiliste. Jérôme Equer, par un commentaire très maîtrisé, très élégant dans sa concision, de ces photos, disait à la fois la misère, l'enfermement, la violence quotidienne, et, par l'emploi du passé "je parle à l'imparfait" mettait à distance ce qu'il montrait. Pour autant, l'occupant, en quittant les lieux, n'a pas annulé, tant s'en faut, l'incidence qu'aura eue cette occupation pendant près de quarante années, sur la société elle-même. Aux dires d'un habitant, le territoire "ressemble aujourd'hui à une prison dont on aurait ouvert les portes des cellules, mais non pas la porte principale.".
Certaines de ces photos dégagent une grande force dramatique, non exempte d'ambiguïté ainsi cette image des funérailles de deux jeunes gens, dont on ne saisit pas bien s'ils ont été tués par erreur,"alors qu'ils chassaient des oiseaux", ou bien au cours d'une opération, puisque les Brigades d'al-Aqsa organisent la cérémonie ; d'autres sont d'une réelle qualité esthétique, comme la dernière de la série, une rue en bord de mer, un jour pluvieux de novembre, avec un bel effet de lumière. Mais ce qui apparaît aussi, de l'autre côté de la barrière, c'est l'étonnant état de délabrement de la plupart des colonies, affectées par la mévente de leurs produits, et par une situation de quasi-faillite. On pense alors à la thèse fameuse de l'historien Jacques Marseille sur les raisons profondes, et bien peu politiques, du retrait de la France de ses possessions coloniales.
Elias Sanbar a ensuite voulu tirer quelques leçons du retrait israélien, "effectué avec les plus mauvaises intentions du monde" (c'est-à-dire afin d'assurer en contrepartie le maintien des colonies de Cisjordanie). Mais il est à craindre, a-t-il poursuivi, que la violence contre l'occupant, en Cisjordanie justement, n'aille croissant, parce que les gens en Palestine considèrent ou s'imaginent que si les Israéliens sont partis de Gaza, c'est uniquement sous la pression exercée par la résistance armée.
Sombre tableau, finalement, que celui d'un territoire qui vient d'être libéré d'une longue occupation
La séance tenue dans le vaste auditorium de lIMA, du fait de l'affluence du public s'est ensuite transformée en débat général, portant sur les vicissitudes des négociations, depuis Camp David et Taba, débat s'achevant sur la conclusion, provisoire, que l'on peut en tirer : l'histoire de ces négociations est celle d'une succession d'occasions manquées
Pour en savoir plus
Contact : Maati Kabbal, organisateur des Jeudis de l'IMA.
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