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Quand lAmérique refait le monde Un livre de Ghassan Salamé Editions Fayard ![]() Lorigine du projet Cest en tant que politologue et auteur que Ghasssan Salamé est venu présenter, devant une salle comble, son livre Quand lAmérique refait le monde. Cet ouvrage, loin dêtre empreint danti-américanisme, interroge en fait le concept de superpuissance ou, selon lexpression consacrée de Hubert Védrine, dhyperpuissance américaine, et est axé essentiellement sur une analyse des quinze dernières années. Un fossé profond creusé entre les Etats Unis et le reste du monde La fin de la vision bipolaire du monde que symbolise la chute du mur de Berlin fait entrer les Etats-Unis dans un rapport au monde tel quils viennent à y incarner une puissance unique ; à la vision bipolaire se substitue une vision unipolaire. Néanmoins, la prise de conscience de cette nouvelle représentation ne sest pas effectuée tout de suite, et cela, même au sein de lélite dirigeante présidée alors par Georges Bush père. Seul James Baker, alors secrétaire général aux Affaires étrangères, eut lintuition que ce nouvel ordre mondial allait permettre aux Etats-Unis de légitimer certaines de leurs actions, et notamment la première guerre dIrak. Le second mandat de Bill Clinton marque une prise de conscience. En effet, les Etats Unis semblent assumer leur rôle hégémonique à travers lequel ils voient lopportunité de remanier le monde à leur image par le biais de la force militaire. Cette maturation du rôle néo-impérial des Etats-Unis, entre 1996 et 2000, aboutit à la formulation dun dogme et à lélection de Georges W. Bush. Ainsi se concrétise la « national strategic Security », qui a posé notamment le principe de « guerre préventive » et qui justifie des interventions militaires décidées unilatéralement. Relativisation de lhégémonie américaine Contrairement à lidée de « grand échiquier » de Zbigniew Brzezinski, Ghassan Salamé met en lumière lidée déchiquier à plusieurs faces. Dans le domaine militaire, on peut reconnaître la suprématie américaine ; cependant, dans le secteur économique ou encore dans la diplomatie, les Etats Unis subissent la concurrence de lEurope notamment. Par ailleurs, lauteur rappelle les enjeux du « soft power », concept formalisé par le politologue américain Joseph Nye : sous cet angle, aucune polarisation nest possible car le domaine culturel ou le champ des idées constituent des sphères poreuses soumises à des flux permanents déchanges. Le concept dhégémonie américaine va ainsi connaître une crise, surtout manifeste depuis la guerre en Irak en 2003, qui a suscité un effritement de ses alliances. Néanmoins, malgré les divergences, avec les pays européens principalement, des passerelles (économiques, diplomatiques ) se maintiennent et leur existence vient nuancer cette apparente rupture fondamentale entre les Etats-Unis et le reste du monde. La thèse sur une suprématie américaine absolue doit donc être révisée, dautant plus que les Etats-Unis sont en connaître un échec en Irak et subissent aussi, par ailleurs, les contraintes fondamentales que leur impose lévolution du marché pétrolier. Enfin, en ne prenant pas en compte lavis du Conseil de Sécurité et, ce faisant, en négligeant de reconnaître limportance et la nécessité dune autorité morale supérieure, ils se sont mis dans le cas de prêter plus aisément le flanc aux critiques des autres nations.
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